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 Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]

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Gaultier de Mélanthios

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MessageSujet: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Lun 26 Oct - 21:03

Cela faisait si longtemps.


Ces couleurs, ces senteurs…

Des étals et des produits semblables, le Parangon en avait vus dans tous les marchés qu’il avait visités, et cela en faisait beaucoup. Un instant, il avait cherché à les compter mais préféra abandonner l’exercice ; tous ces villages, toutes ces routes étaient chargées de souvenirs dont les places marchandes étaient les nœuds. Que les aventures qu’il y avait vécues aient été heureuses ou malheureuses, elles étaient à présent à leur place, dans ses souvenirs. Chercher à les dénombrer prenait la même force évocatrice que des prières sincères égrainées le long d’un chapelet, et exhumait trop de questions. Ce même cri solitaire face au temps qui passe. Cette même espérance face à l’incertitude de l’avenir. Que sont-ils devenus, tous ceux qui ont fait ma vie ? N’ai-je pas laissé un peu trop de moi, derrière, entre leurs mains ?

Ces couleurs, ces senteurs…

Rien ne pouvait les égaler, pas même dans les marchés qui, il faut l’avouer, étaient plus riches que celui du Parvis-Logrus. En apparence. Les Etats souffrant moins de la Main Blanche avaient beau étaler la diversité des denrées qu’ils parvenaient à collecter, aucun de ceux que Gaultier avait explorés ne disposait d’un tel cadre pour ce faire. Ici, c’était différent. Cet écrin, blotti aux pieds du pouvoir temporel Logrusien et abrité entre ses casernes et ses académies militaires, faisait de ce marché une merveille, et très certainement le plus précieux au monde. Et peu importe que l’on n’y trouve pas une dizaine de variétés de pommes, celles qui s’y vendaient avaient plus de parfum que n’importe quelles autres.

Gaultier se demanda si cette particularité leur venait d’une fine pellicule de poussière de marbre, venue des bâtiments alentours, ou d’autre chose ; mais alors que ses dents blanches se plongeaient de nouveau dans la chair du fruit, il jugea que, définitivement, il n’y avait nul endroit au monde où les pommes étaient meilleures que chez lui. Ce présage acheva de le convaincre qu’il avait bien fait de rentrer : le meilleur n’était pas derrière lui, mais bien devant, dans le sein généreux de sa nouvelle vocation, et des aventures qu’elle ne manquerait pas d’entraîner.

- « Vous êtes bien songeur, messire… », lança Claudius, le grand fils d’Hubert, marchand de quatre saisons, sur un ton où l’on pouvait sentir une pointe de sarcasme percer.

Le Parangon se tenait appuyé d’un coude contre son étal, somptueusement déhanché, sa longue chevelure de jais passée sur sa large épaule gauche, reposant sur son torse bombé. Le regard de Gaultier remonta vers celui du jeune homme, et son magnifique sourire vint faire écho au sien.

- « Je méditais sur les trésors d’architecture de Logre… », répondit-il avec le plus grand sérieux.

L’adolescent gloussa légèrement, et tous deux ramènent leurs yeux sur le décolleté rempli avec opulence de la jeune fleuriste, penchée en avant pour ajuster les produits venus des Jardins suspendus dans ses seaux.

- « Les plus beaux du monde… »
- « Je commence à comprendre pourquoi l’on dit que vous avez le meilleur emplacement du marché, Claudius. Peut-être devrait-on augmenter votre redevance. »

Ils rirent de concert et Gaultier se redressa, non sans s’être d’abord un petit peu plus incliné pour améliorer l’angle de ses contemplations. Il serra fermement la main de celui qu’il avait connu tout gamin et lui donna une tape à l’épaule.

- « Content de t’avoir revu. Ah et… Merci pour la pomme. »
- « C’est avec plaisir, messire. Revenez nous voir ! »
- « Je n’y manquerai pas… »

Sans doute le Parangon aurait-il voulu ponctuer ses mots d’un signe de tête, mais son attention fut rapidement capturée par une nouvelle jouvencelle qui s’approchait de lui, portant un gros panier. Elle en sortit un gâteau et le lui tendit, avec une grâce et une fragilité à en faire soupirer tout le marbre de la cité des Primes Stellans.

- « Une madeleine pour le beau seigneur ? »

Il n’en fallut pas davantage pour le ravir, et qu’une madeleine ne devienne la mieux payée au monde. Quelques secondes plus tard, il apprenait que la jeune marchande s’appelait Elise. Le chevalier se réappropriait sa ville de naissance, butinant les redécouvertes en papillon, d’une corolle à l’autre, s’enivrant davantage qu’il n’avait osé l’espérer en prenant la décision de rentrer. La surprise était bonne. C’était à croire que Logre s’épanouissait sous ce soleil de miel et se parait de ses plus beaux attraits pour accueillir chaleureusement le retour d’un enfant chéri qui lui avait manqué. C’était en tout cas ce que Gaultier se plaisait à imaginer, en croquant son gâteau.

Il s’était presque décidé à goûter aux autres pâtisseries d’Elise quand, soudain, un courant d’air froid traversa les parfums du marché, un peu plus loin devant lui. C’était comme une ombre familière, qui arracha un frisson d’acier à la fleur de son humeur gourmande. Logre n’avait pas toujours été une terre de joies et de douceurs, mais ces autres souvenirs aussi avaient un goût immortel, celui des lauriers fanés, qui emmène la nostalgie lorsqu’il revient au palais. Il s’excusa auprès de la jeune femme et remonta l’allée aux innombrables couleurs, à la recherche de l’obscur.

Cela faisait si longtemps.

Etait-ce vraiment lui ? Pouvait-il possiblement être encore en vie ?

Il accéléra le pas progressivement, se faufilant entre les badauds. La tâche était d’autant plus simple que la silhouette qu’il suivait ouvrait autour d’elle un large passage déférent – peut-être craintif – qui confirmait ses doutes. Tout comme cette démarche raide, mais c’était moins le cas de cette barbe et de ces cheveux… C’est une fois que Gaultier fut tout près que l’hésitation ne fut plus permise, alors qu’il put observer un peu pourpre dans une tenue qui semblait grise pour l’essentiel. Quand bien même il savait que ce serait probablement malvenu, il ne put empêcher un nouveau sourire de lui venir aux lèvres alors qu’il apostrophait l’homme.

- « Commandant Frahl ? »


Dernière édition par Gaultier de Mélanthios le Mer 28 Oct - 10:28, édité 2 fois
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Mornefer

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Lun 26 Oct - 22:57

Lorsque les allées du marché pulsaient au rythme du passage de la multitude Logrienne, nul ne faisait état d’un badaud stoppant sa course entre les étals, à moins qu’il ne porte l’acier et n’affiche une hostilité marquée…
Le vieil homme s’arrêtait aussi net, plusieurs passants l’évitant alors de justesse, l’un d’eux lâchant même un juron. La seconde marquée avant qu’il ne bouge à nouveau fut perceptible, eut elle été volontaire pour appuyer sa surprise. Un quart de tour de la tête dévoila un regard de coin suspicieux, presque colérique. Il fit face lentement, ses yeux détaillant sans retenue le chevalier. Le vieux soldat tiqua au sourire du jeune homme, fronçant les sourcils, et se redressa de toute sa hauteur comme pour attendre un salut militaire mais se ravisa. Ses deux mains calleuses vinrent se reposer sur un ceinturon épais de cuir noir alors qu’il prit la parole d’une voix grave au ton neutre.

"Sang’d’mort…Qu’est ce que tu fiches ici…"

Il avança d’un pas pour reprendre cette fois ci en étant sûr que le chevalier l’entende.

"Sa seigneurie la caboche…Toujours c'te fichue impertinence…Je te voyais occupé à besogner Theris depuis le temps !"

Une moue vint barrer le visage ridé comme s’il cherchait dans d’obscurs souvenirs semblant un instant se désintéresser totalement de l’homme qui venait de l’appeler par son prénom. Il murmura

"…mmmh, non…Je vois pas combien d’année gamin…"

L’homme d’arme secoua la tête avant de pivoter comme s’il reprenait son chemin. Parlant d’une voix lasse

"Tu marcheras bien avec un handicapé comme moi pour m’expliquer c’que tu fous la ! J’hésite encore entre te fiche mon poing sur le museau et te demander ce que t’as bien pu faire après avoir planté l’armée depuis des lustres…"

Presque machinalement, la main du Mornefer passa sur la garde de son épée, deux épais quillons d’acier noir, zébrés de vestiges d’échanges meurtriers et marqués à chaque extrémité de l’insigne de l’Atra Caterva.Son pouce grattait le vieux cuir patiné habillant la fusée de l’arme.

"Si ça se trouve j'te trouverai une utilité là ou je vais, je me rendais expliquer à de jeunes crétins qu’on peut être doué à l’épée et regarder ses boyaux ternir l’éclat de ses propres bottes quand on patauge dans la brume sans préparation. Les vétérans ça les fait bander, tu pourras leur donner du rêve."

Il avança doucement écartant les premiers passants sur son chemin d’un grognement.
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Gaultier de Mélanthios

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Mar 27 Oct - 9:40

Gaultier laissa échapper un nouvel éclat de rire bref, franc et clair. Et il souriait de plus belle, non comme il savait le faire lorsqu’il s’agissait d’obtenir quelque chose, alors malicieux et complice, mais par nouvelle simple et irrésistible manifestation de son goût de vivre. C’est cette dernière notion, du plus mauvais acabit chez un militaire, qui lui avait valu de la part du Mornefer, dès le premier jour, ce qualificatif d’impertinent.

« Ah… c’est toujours un honneur de vous assister, mais si en plus vous le présentez ainsi… », répondit-il avant d’ajouter, presque sous la forme d’un acte de contrition : « mon expérience d’ancien jeune crétin est à votre disposition. »

Il se porta à la hauteur du commandant et cala son pas sur le sien, les talons ferrés de ses bonnes et belles bottes d’explorateur, propres comme celles d’un militaire, claquant en rythme sur le pavé. Il avait appartenu à cette caste dont les frontières précises, aux yeux du vieux stratège, restaient particulièrement floues. Gaultier ne connaissait personne qu’il ait trouvé irréprochable, mais c’était certainement cette rigueur extrême qui avait fait qu’il avait apprécié de servir sous ses ordres.

« Cela fait douze ans, commandant. Et dix que je suis parti… »

Il releva les yeux, sans préciser davantage le mystérieux « cela » qu’il avait employé pour entamer sa phrase, comme s’il était évident que son interlocuteur ne pouvait que se souvenir de ce dont il parlait. Ce « cela » même qui était la raison pour laquelle il avait pris le réflexe de l’appeler par son prénom. Songeur, il se mit à observer les tentures couvrant les étals, sur fond d’azur, sans sembler les voir. Après deux secondes de pause, il partagea le fruit de ses réflexions. « C’est que… si je ne m’abuse, j’ai désormais largement dépassé la moitié de votre âge… » Il masqua le léger choc que lui infligeait cette découverte d’un autre de ses inénarrables rictus, vite rangé alors qu’il ramenait son regard vers le militaire. « Voyez, désormais, vous rajeunissez, par rapport à moi ».

Ce constat, malgré toute son impertinence, prenait une étrangeté pénétrante en ceci que Frahl Deraly était depuis bien longtemps une sorte d’allégorie de la vieillesse. Il bougonnait, devenait difficile, méprisait les adultes, se plaignait des jeunes et avait déjà cette réputation alors que Gaultier n’était qu’un nourrisson. Le Parangon y vit un nouveau signe qu’il entrait désormais dans une phase de sa vie différente, durant laquelle il lui faudrait réfléchir à la façon de passer le flambeau aux plus jeunes, à son tour ; et ce choix déterminerait quelle serait son image à lui. Bien sûr, il avait déjà la liberté pour valeur cardinale, mais s’il s’en targuait volontiers tout haut, il restait incertain quant à la manière de bien l’incarner, au fond de lui-même.

C’est en marchant à présent à ses côtés qu’il comprenait enfin pourquoi il avait éprouvé de l’estime pour Mornefer depuis leur première rencontre, en dépit des quelques brimades subies. Ce n'était pas seulement parce qu'il était bon militaire, apparaissant bien trop zélé, par certains côtés. Mais comme Gaultier y aspirait, Frahl avait toujours vécu pour ses valeurs, en écartant d’un revers de manche les contraintes que cela pouvait représenter pour sa personne. C’est ce qui faisait, à ses yeux, un modèle de cet homme aux mains entachées de sang et si peu populaire, quand bien même leurs personnalités n’avaient absolument rien de commun.

Gaultier exhalait un trop plein de vie quand Frahl inspirait la mort.

Gaultier séduisait pour arriver à ses fins, là où Frahl intimidait.

Gaultier craignait de devoir refermer l’éventail de ses choix en prenant une femme, alors que Frahl n’avait jamais souhaité l’ouvrir.

Gaultier multipliait les amis sur son chemin, tandis que que Frahl abandonnait leurs corps.

Gaultier aimait ses compatriotes exactement comme Frahl s’en méfiait.

Mais tous deux savaient indéniablement servir, et en étaient fiers.

- « Sinon… mon assistance vous est acquise à long terme, tant que vous en voudrez, commandant. Je suis rentré pour de bon, cette fois. Pour le peuple de Logre. »
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Mornefer

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Jeu 29 Oct - 23:53

Le Mornefer marcha en silence un petit moment avant de reprendre en s’arrêtant.

"Je vois que les voyages forment la jeunesse. Mais je constate également que quand on te pose une question tu t’abstiens d’y répondre. Ou alors…j’n’ai rien compris

Tu disparais de la ville pendant dix piges, et tu reviens avec ton sourire énervant, pour me fader un truc aussi absurde que tu reviens pour…
"

Le vieil homme prend une voix nasillarde

"« pour le peuple de Logre… »"

Il s’interrompt, émet un grognement et reprend sa marche

"Le peuple de Logre est stupide chevalier. Donne lui de la nourriture et des rêves et tu pourras être le plus retords des salauds du coin…Prends lui… Ne serait ce que sa place dans une file d’attente, il voudra ta tête sans même chercher à savoir que c’était peut être pour son bien. Des imbéciles qui pensent être libre alors qu’ils mangent ce que le conseil leur donne tant que leur petite vie reste inchangée.

Plus sérieusement. Qu’est ce que tu veux faire dans cette ville ? Si tu veux un poste, je pourrai ptet dire à droite ou à gauche que tu sais donner de l’acier, mais la encore ! Cela fait maintenant bien longtemps et rien ne me dit que tu n’as pas été profiter de la vie loin des terres et de la brume, à courir la belle et dépenser des rentes de nobliaux.

Regarde donc ce qui m’arrive, je suis obligé de donner des cours à l’académie et vendre l’sang et la sueur de ma vie sous forme de conseils…C’est, tout ce qu’il me reste.
"

Une homme d'arme croisa le duo et salua le vieil homme. Ce dernier ne répondit pas. Son regard restait fixé sur une ligne imaginaire tirée devant lui. Il marmonna dans sa barbe, agitant la tête comme en signe de refus.

"Cette ville va crever Gaultier. On n’a pas réussi à faire reculer cette salope de main blanche en quinze ans, on file ventre à terre dés qu’on doit se coltiner les horreurs qu’elle peut cracher. Mes anciens gars ont peur. Et pour une fois j’peux pas leur dire que je sais comment mettre fin au problème..."

Comme pour chasser cette pensée portée plus haute que la raison l'attendait, le Mornefer éructa

"...En plus j'ai un mal de genou à t'faire glapir un Verminarque"
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Gaultier de Mélanthios

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Sam 31 Oct - 22:04

Peut-être touché par ces propos, Gaultier répondit plus vivement, légèrement emporté. Ces remarques, il les avait déjà entendues, et savait les écarter d’un revers de bras. Mais c’était cette fois le Mornefer qui les proférait, et cela leur donnait un impact différent. Gaultier se sentit seul. Si même cet indéfectible soldat renonçait, l’âge aidant probablement, sur qui pourrait-il compter ?

« Je ne sais pas non plus comment y mettre fin, mais je veux essayer ! Peut-être est-ce stupide d’affronter un ennemi que l’on ne connait pas. J’ai fait mes classes, je sais à quel point cette situation est une impossibilité stratégique. Mais quelle autre possibilité, Frahl ? Que puis-je faire d’autre ? Fuir ? Je sais que cela ne veut rien dire pour vous, commandant, mais je suis de sang noble. Et ce que cela veut dire, pour moi, c’est qu’il me revient de lutter pour protéger cette Nation. C’est la justification des privilèges dont les miens et moi-même avons profité, et je veux porter cette responsabilité dignement. »

Il soupira brièvement, réalisant que cet interlocuteur rejetterait immanquablement son discours s’il le proférait de cette façon passionnée. Redressant son buste, baissant les yeux vers le pavé, il reprit la maîtrise de sa diction et poursuivit, gravement sincère, et froidement sobre.

« Noble ou pas, ici, c’est chez moi. Ma famille a déjà perdu ses terres et beaucoup de son influence, mais ce pays, ce peuple, c’est le mien. Devrais-je accepter que tous, nous soyons réduits à devenir des réfugiés ? »

Son regard revint vers Mornefer, appuyé d’un fin sourire – qu’il ne pouvait décidément jamais réprimer longtemps – où l’on pouvait toutefois davantage lire la sombre détermination que le plaisir. Celle-là même que l’on peut trouver sur le visage de deux soldats échangeant un ultime signe de complicité avant la charge finale.

« J’ai été fidèle à moi-même au long de mes voyages. Le même. En tout cas, je ne crois pas avoir jamais rien commis dont j’aurais à rougir, ni jamais sali mon nom. J’ai prêté mon bras. J’ai défendu des causes dignes et régulières, à défaut d’être nobles. J’ai protégé des marchands, puis les états ayant besoin de négociateurs. Enfin, je me suis moi-même lancé dans les affaires. En plus de la force et du talent, j’ai eu un peu de chance, j’ai réussi, mais… à quoi bon ? J’ai mille occasions de partir, de me mettre à l’abri. J’ai tous les contacts possibles et imaginables pour aller trouver, ailleurs, une aile secourable sous laquelle m’abriter. Mais je suis un homme, et pas un oisillon, Frahl. Je sais que cela ne vas pas vous plaire, mais je compte bien devenir Parangon de Logre… Certains commencent même à me reconnaître comme Parangon de Liberté… »

Son sourire devint plus sincère à ces mots, comme si le titre l’amusait autant qu’il lui plaisait. Il ramena pudiquement le visage devant lui pour en épargner la vision à son interlocuteur.

« Vous avez raison, lorsque vous dites que donner de la nourriture et du rêve au peuple peut permettre à des salopards d’assouvir leurs médiocres desseins. C’est pour cela que je veux le faire moi-même. Pour ne pas laisser la place à ceux qui ne donneraient que pour servir leurs intérêts. Moi je veux donner pour émanciper, pour leur faire aspirer à autre chose qu’à une vie de petits criminels. Peut-être pour qu’ils participent à trouver une solution à la main-blanche, et ne deviennent pas à leur tour ces réfugiés misérables que j’ai vus traîner leur guêtres, partout, sur les routes … Pourquoi ne pas essayer ? Je veux que contribuer à ce que cette cité se batte avant de mourir. Et je compte le faire avec ma fortune personnelle, acquise par mon travail. »

Il crispa son poing autour de la garde de son épée.

« Vous n’avez qu’à vérifier, si vous le souhaitez. Ce ne serait pas très long, il paraît que mon nom bruisse dans toutes les rues des loges. Je suis parti avec un peu d’argent, autant que mes poches pouvaient en contenir, mais je ne suis jamais revenu en demander davantage. Aujourd’hui que je suis de retour… comment raconter cela… », soupira-t-il. « Disons simplement que ma famille ne m’ouvre pas les bras. J’espère que cela saura vous convaincre que je viens faire mon possible, et non assouvir quelque caprice de gosse de riche… De toute façon… il semblerait que je ne le sois presque plus. »

Le sujet semblait un rien sensible. En tout cas, c’est l’impression qu’il donnât en concluant son propos d’une digression.

« Avez-vous consulté un guérisseur, pour votre genou ? »
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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Dim 1 Nov - 16:04

Au fur et à mesure que les deux hommes avançaient vers l’académie, la populace amatrice d’emplettes se raréfiait, atteignant un niveau normal approchant le qualificatif surpeuplé.

« C’est ça, tu vas bien reconnaître que chanter du « Je t’aime ma chère Logre » après l’avoir quitté dix années ça peut laisser place au doute…Je pense qu’une ribaude te colle un joli soufflet pour ce genre d’ânerie.

Et foutaises, le gaillard qui se bat le mieux, c’est quand il n’a rien d’autre…Ou alors qu’il n’a pas d’options. Je pense que le type qui a ses enfants et sa grosse, tassés dans un taudis, sera beaucoup plus motivé pour donner son sang que le nobliau qui a papa et maman et leurs incarnats dans le commerce maritime. Rooocccccch
»

Un superbe trait de glaire vint ponctuer la tirade, les quelques témoins remerciant les dieux que le vieux ne chique pas. Le commandant fronça ses sourcils broussailleux.

« Le genre de p’tit con qui choisit de s’enrôler pour faire bonne figure, parce lui, il a le choix, et qui fait dans ses chausses en rompant la ligne au premier revers…Le genre d’homme qui sert d’exemple a tous ses frères d’armes quand j’lui remet la main dessus. »

Le rictus affiché sur les derniers mots laissa au chevalier de Mélanthios des images d’hommes pleurant et suppliant alors qu’ils étaient brisés à coups de bâton aux yeux de tous. Mettre en danger ses frères et désobéir n’étaient pas des concepts de l’Atra Caterva. « Obedire,Substare,Triumphare » étaient gravés dans l’acier de l’épée du Mornefer comme dans son cœur et dans celui de tous les hommes ayant servi plus d’un an avec lui. Fralh levait les yeux au ciel quand il reprit

« Soit pas niais non plus…Je t’ai vu te battre, tu es pas de ceux la si c’est ce que tu veux m’entendre dire. »

Le vieil homme marqua un temps, changeant de direction pour s’enfoncer entre les étals un peu plus reculés du parvis. Sa voix se faisait maintenant basse, presque triste.

« Parangon, bah voyons. T’es en mal de reconnaissance gamin ? Quant à savoir si j’ai qu’ça à faire d’aller vérifier si tu me pipeautes pas…Les bruissements des poules des Loges, je m’en cogne, et les noms…d’toute façon je les oublie à chaque fois.
J’en déduis juste que tu cherches pas de travail que je pourrai te trouver et que t’es pas la pour le Logrus.

Ach ! Et pour finir sur ma position…Les grandes cités sont nos derniers bastions solides. Les terres ne sont pas complètement couvertes de la main blanche, mais nous pouvons encore sortir. Tout n’est pas perdu. Mais je vais pas vendre du vent en disant qu’on peut faire quelque chose quand ce n’est pour l’instant pas le cas. Et ne te méprends pas. Je serai ici comme un rocher, brume ou pas brume. Qu’elle ramène sa tronche dans les rues et elle devra me digérer ou me tolérer.

On m’a retiré ma légion mais pas mes couilles.

Et mon genou, c’est la que ça se passe
»

Gaultier se trouvait maintenant devant une officine sans prétention. Après avoir ajusté son col, le Mornefer passa la porte sans un regard en arrière. D’un aboiement il ordonna à un enfant visiblement occupé à servir d’hôte d’accueil d’aller chercher le patron.
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Anthem

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Lun 2 Nov - 19:37

L’enfant, qui du haut de ses douze ans pouvait bien se réclamer homme, ne fit pas attendre ces messieurs. Sans se déplacer de son escabeau sur lequel il était juché pour traquer la poussière entre deux bocaux, il se mit à brailler.

« MESTRE !! MEEEEEEESTRE ANTHEM !!! Y’A DES CLIENTS POUR VOUS ! »

Son plumeau en main, le garçonnet pris soin d’avertir le Mornefer et Gaultier que la mission était en cours d’exécution. Sait-on jamais que l’un des deux soit atteint de surdité.

« S'fait, m’ssires, y va sûrement bientôt arriver. »

Il retourna à son œuvre de grand nettoyage, sortant une petite pot de chamois de son tablier pour astiquer tout ça au mieux. Fallait que ça brille. La boutique n’était pas très grande, pour ne pas dire petite, mais le bric-à-brac entreposé ne souffrait que d’une désordre apparent, et d’une propreté absolue.

Là-bas une grande armoire pour les herbes, ici des rangées de bocaux tous soigneusement étiquetés, plus loin pots, sachets, fioles et même une modeste librairie. La modestie de la devanture ne trompait pourtant personne sur l’absence de prétentions marchandes de l’endroit.
Gaultier et le Mornefer durent attendre cinq longues minutes en compagnie de l’apprenti et d’un hiboux empaillé les fixant de ses yeux en verre. Une porte s’ouvrit en fond de pièce, derrière le comptoir, d’où émergea Anthem . Le visage lisse et glabre comme un poupon, ses cheveux blancs sagement coiffés, on aurait pu jurer avoir devant soi un jeune homme dans une froque de vieillard tant le contraste entre sa mine juvénile et son habit d’académicien retraité était saisissant. A cela s’ajoutaient les fines demi-lunes au bout de son nez.

« Mon ami, vous voilà donc ! Mais je ne vous attendais pas avant une bonne heure. »

Heure qui était déjà largement passée, il dut bien l’admettre lorsqu’il vérifia à la petite montre mécanique accrochée à son veston. Il en profita pour en remonter le ressort.

« Les journées sont si courtes, je n’ai parfois l’impression que de me lever pour me coucher aussitôt. Mais dites-moi, est-ce que notre pommade a été efficace ? Deux fois par jour, avec des massages circulaires… »

Il remonta ses lunettes un peu plus haut avant de saluer le nobliau fringuant se tenant à côté de son patient régulier.

« Mais bonjour, je crois bien que c’est votre première visite ? »

Le ton interrogatif était assez appuyé pour faire comprendre qu’il n’avait réellement aucune certitude à ce propos.
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Gaultier de Mélanthios

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Mer 4 Nov - 7:26


Indubitablement, Gaultier aurait pu filer la métaphore du Mornefer et en jouer, comme un harpiste de cordes tendues. C’est qu’en matière de ribaudes et de plaisanteries afférentes, le chevalier jouissait d’une appréciable expérience. Il en épargna l’expression à son interlocuteur, mais ne put s’empêcher d’y songer plus avant, tant il trouvait savoureuse l’image peinte par Mornefer d’une Logre en vieille compagne trompée. Pour celui qui n’avait jamais eu le besoin de retourner quémander le renouvellement des faveurs d’une ancienne amante, le surgissement de l’idée que sa ville maternelle pourrait, dans son inconscient, tenir la place de l’épouse que l’on sait devoir retrouver un jour confinait à l’insupportable.

Il ne pouvait se voir en mari volage mais veule, finalement décidé à rentrer au foyer conjugal, car sous cet éclairage, son engagement de parangon et les nombreux cadeaux qu’il apportait avec lui prenaient effectivement l’allure d’une demande de pardon. C’est ainsi que le commandant manqua, en quelques mots, de renvoyer illico presto l’impénitent Gaultier, horrifié, sur les routes. Ce scorpion ne put résister à cette nouvelle piqure de son propre aiguillon de liberté qu’en se jurant bien de toujours agir, désormais, en homme indépendant. Il entendait ne laisser aucun doute sur la toute puissance de son libre-arbitre ; il avait peut-être choisi Logre pour l’avoir aimée enfant, mais il refusa d’éprouver le sentiment de lui devoir quoi que ce soit, ou d’avoir été contraint, par quelque contrat émotionnel ou social, à consommer avec elle cette nouvelle lune de miel.

Non, Logre n’était pas sa morue domestique et ancestrale, auprès de laquelle il rentrait penaud, la queue entre les jambes ; c’était une beauté virginale en quête d’un second souffle, qu’il fallait délivrer de son corset de brume. Déshabillée, elle s’épanouirait en tigresse racée et rajeunie, qu’il dompterait jusqu’à ce que, lasse d’une enivrante résistance, elle se soumette à ses moindres ardeurs ; Oui, Gaultier de Mélanthios entendait démontrer que la plus belle et complète liberté dont sa cité-femme pouvait rêver s’inscrivait immanquablement dans l’étroite limite définie par l’ouverture de ses bras. L’adorable sourire du chevalier se para d’un reflet d’idiotie, caractéristique de ces moments où les pensées d’un homme vagabondent dans les contrées éthérée de l’érotisme ineffable, diurne onirisme, discret onanisme tendant – c’est le cas de le dire – à le rappeler à l’étroitesse de son pantalon, entre les cuisses.


Rêveur, il n’eut le temps de répondre à Mornefer qu’au plus strict et au plus juste de ses intentions, sans emphase, avant que l’alchimiste ne se présente. Il ne comptait pas intégrer le Logrus, et n’avait effectivement besoin d’aucun entremetteur pour trouver une place, pour l’instant. Il avait de quoi se débrouiller seul, mais restait néanmoins bien sûr à la disposition des instances militaires et politiques de sa cité, toujours avide de la servir. C’était à peu près tout.

Il acheva de revenir sur terre lorsque le regard étrange d’Anthem se posa sur lui. Si sa couleur ne lui posait pas particulièrement de problème – il avait connu d’autres étrangetés – il trouva néanmoins quelque peu antipathique la façon que ce drôle avait de l’observer comme un gamin. Ce n’est qu’après un instant qu’il s’attarda sur l’étrange contraste entre son visage d’un côté, et, de l’autre, son allure générale, les titres qu’on lui donnait et la confiance de Frahl. Ce questionnement le plongea dans un abîme de réflexions où, au moins, il se refusa à juger trop vite l’alchimiste.

« C’est exact… », répondit-il, tandis que son regard accrochait un diplôme – ou quelque chose de cet acabit – reposant dans son cadre, sur une étagère. La cursivité infâme de l’écriture qui le composait le dissuada de prendre le temps d’identifier la nature exacte du document, mais lui permit néanmoins d’en tirer le nom de son interlocuteur et donc, de poursuivre sa phrase dans la foulée : « … messire Vermeel. Je suis Gaultier de Mélanthios, Parangon de Liberté au service de Logre. Je ne fais qu’accompagner le commandant Deraly, en cette heure ».
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Mornefer

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Ven 6 Nov - 2:24

Le visage du vieil homme sembla un instant afficher un sourire...Non. Trop bref. Une erreur de perception ? En tout cas on aurait juré que le vieil homme avait sourit en voyant l'alchimiste. Il le hèle d'une voix forte après les quelques mots de Gaultier.

"Mestre Anthem, je vous présente un gars qui a taillé dans le gras a mes côtés il y a quelques années. Il est surprenant mais sait se servir d'une 40 pouces d'acier, et il a pas peur. Quant a dire si c'est parce qu'il en a ou qu'il est stupide...j'vous laisserai vous en rendre compte vous même...Il sait lire déjà. C'est mieux que la plupart des trouffions normaux.

Chevalier, je vous présente Anthem alchimiste à ses heures perdues. Il a pas l'air mais il est presque aussi vieux que moi, alors quand vous me disiez des trucs sur l'age sur le parvis, je vous invite à mater ce minois de cinquante ans. Une vraie petite poule.
"

Cette fois ci, c'était certain, Fralh semblait s'amuser, on pouvait presque voir un franc sourire venir illuminer le visage d'habitude si froid

"Il vends un tas de saloperies dont j'oserai même pas m'approcher, mais il sait faire des baumes très efficaces contre les douleurs. Trop chers évidement..."

Le militaire jette une petite bourse sur le comptoir négligemment et vient s'assoir sur une chaise dans un angle de l'échoppe. Il se tourne a présent vers Anthem en reprenant d'une voix grinçante

"Envoie donc ton larbin chercher ma pommade, ça commence à devenir pénible...Et faudrait ptet qu'on parle sérieusement..."
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Anthem

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Ven 6 Nov - 3:20

Anthem adresse à Gaulthier un bienveillant et chaleureux sourire paternaliste alors qu'il lui offre d'entrer plus complètement dans la minuscule boutique ou tout du moins de s'y mettre à l'aise.

« Je vous en prie, chevalier. Les protégés du commandant sont toujours les bienvenus. »

Il a un petit soupir envieux pour toute la vitalité dont peut parfois faire preuve la jeunesse et dont le parangon déborde dans les manifestations les plus inattendues. Ceci dit, l'excès de sève pouvait aussi être le fruit d'un malheureux déséquilibre des énergies du corps, mais rien qu'une bonne potion ne puisse réguler. Il était toutefois un peu tôt dans les présentations pour aborder un sujet aussi intime sans y être invité.

Avec la patience de l'habitude, il écouta le vieux Mornefer grincher tout en s'installant . Il se contenta de réajuster ses lunettes en se faisant traiter une nouvelle fois de poule et selon le rituel bien établi entre eux lui répondit : « Et vous êtes un vieux coq, le Mornefer ! Trop vieux pour qu'on prenne la peine de vous tordre le cou et vous en profitez. Allez, remontez moi cette jambe de pantalon que je vous examine. Blondin, va me chercher le pot de méruline. »

Avec une adresse insoupçonnée, le garçonnet dévale de son escabeau et le déplace de l'autre côté de l'étagère pour aller chercher la précieuse pommade et la dépose sur le comptoir avant de se charger de la bourse. A tort ou à raison, le mestre laisse l'enfant se charger de l'intendance et de l'aspect pécunier.

Il commence ensuite l'examen de routine pour constater, une fois de plus, que le vieux commandant a du mal à suivre les ordres pour peu que ceux-ci viennent de son médecin.
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Mornefer

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Dim 8 Nov - 15:47

Se laissant ausculter le commandant ne put se permettre de s'abstenir de répondre.

"Ach ! Vieux coq, vieux coq, j'attends bien le fermier qui voudra me tordre le coup ! Heureusement pour moi, personne ne vient jamais m'chercher querelle. Ça doit être mon "charme" naturel, ou alors mon aspect décrépi."

Le visage qu'il tourna vers le chevalier fut alors saisissant tant il semblait brusquement vidé de tout amusement.

"Bon, accessoirement la caboche, je t'ai aussi amené ici pour que TU rencontres mestre Anthem. Tu m'as sorti ton charabia et je m'suis dit que ça pourrait t'intéresser de savoir que ce monsieur se trouve également être un expert en matière de main blanche. Il étudie cette salope depuis quelques années à présent. Si quelqu'un peut nous filer des tuyaux pour la disperser aux quat'vent, ce sera lui"

De retour sur l'alchimiste

"Fais bien gaffe toubib, j'ai besoin de ce genou en état impeccable. Je dois filer à la Fortalicium Fidei dés demain, et ça fait un bail que j'ai pas chevauché. Des mielleux sont venu me lecher les pompes pour que j'aille "voir" ce qu'il se passe la bas."

Un soupir entaché d'un violent toussotement raclant à l'entendre l'intégralité des bronches du Mornefer le coupa un instant.

"Amusant non, comme on vous crache dessus un jour pour mieux vous faire la lèche le lendemain..."
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Gaultier de Mélanthios

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MessageSujet: Re: Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]   Jeu 12 Nov - 10:06

Lorsque Frahl s’adressa à Gaultier, ce dernier remis vivement en place le bibelot d’alchimiste qu’il avait commencé à tripoter tandis que la paire d’ancêtres jouait à se redécouvrir. Si leur rituel s’avérait surprenant et intéressant, surtout par le fait qu’il parvenait à dérider le Mornefer, le chevalier ne voulut toutefois pas s’y imposer, car cela aurait immanquablement irrité celui qui l’avait conduit en ces lieux.

C’est avec chaque choix de la sorte que les repères Logriens se remettaient en place dans sa vie, petit à petit. Chaque fragment de passé qui revenait le plongeait dans un état de nostalgie qui ne se voulait pas stérile, mais méditatif, tout tourné vers la pose des fondations de ses actions à venir. Il sortit néanmoins de ses nuages pour répondre :

« Voilà une excellente idée, effectivement. Un expert de la main blanche… Je n’en connais que de militaires, qui savent y survivre. Mais si votre science peut nous éclairer sur la façon de la combattre, soyez assuré que je serai aussi assidument votre élève que j’ai pu, par le passé, être celui du commandant Deraly. Ainsi que votre assistant, voire votre bienfaiteur, selon ce dont vous aurez besoin pour parvenir à nous libérer de ce fléau. »


Il voulut sourire à Anthem, comme une ponctuation machinale et plaisante adaptée à ses propos, mais finit rapidement par ramener son regard vers la tablette devant laquelle il se tenait. Il ne pouvait en effet s’empêcher de considérer son visage avec la plus grande curiosité, qui succédait à sa méfiance première. Or, toujours prompt à se mettre à la place d’autrui, il jugea que le savant homme devait probablement être las d’être regardé comme une bête curieuse par tous ceux qui apprenaient son âge, et ne voulut pas le mettre mal à l’aise. Il nota cependant :

« Et ma foi, si votre bonne mine si longtemps préservée est la marque de votre talent, messire, alors je suis assez porté à vous faire confiance. D’ailleurs… peut-être vous demanderai-je quelque conseil dans ce domaine là aussi… Oh, non que l’âge ne commence à me causer du souci… Mais ne dit-on pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir ? »

Indéniablement, il semblait tenir à cette sève, qui ne lui manquait pas encore. Et cela pouvait notamment s’observer dans son inaptitude à tenir en place, alors qu’il fronçait légèrement les sourcils en prélevant de nouveau le même bibelot que précédemment, non plus pour occuper ses doigts, cette fois, mais pour le porter à hauteur de vue, semblant se demander ce que diable pouvait être cette chose.
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Cela faisait si longtemps [ Mornefer - Anthem ]
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