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 Prémices d'un retour en Logre [Nhömas des Filantes]

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Hermine d'Aneval

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MessageSujet: Prémices d'un retour en Logre [Nhömas des Filantes]   Mar 3 Nov - 13:06

Hermine scrutait par la lorgnette d’une longue-vue, les côtes crénelées brisant l’horizon bleuté d’un halo sombre. Sa silhouette droite et fière, se dressait sur le pont de proue, semblable à cette effigie fendant les eaux en contrebas. Un vent sec et puissant s’insinuait dans ses cheveux et claquait les voiles immaculées de la Frégate. Les mobiles suspendus au Grand Mât, sifflaient sauvagement telle une armée de spectres hurlant se lançant à l’assaut du monde des vivants. Les hommes s’agitaient sur le bastingage, bercés d’une houle traitresse. Les tangages aléatoires du navire, projetait parfois un marin contre un autre, ponctuant ainsi de grognements les besognes matinales. Malgré ces mouvements un tantinet brusques, tous allez et venez dans un ballet aussi efficace que rapide.

« Capitaine. Vous m’avez fait mander. » déclara une voix rocailleuse au derrière d’elle.

Elle libéra son œil de l’emprise circulaire de sa longue-vue, puis, elle se retourna doucement vers l’origine de cette voix à l’accent si particulier. Elle ne fut aucunement surprise de reconnaitre son Second, elle naviguait avec lui depuis suffisamment de temps pour connaitre les modulations typiques de sa voix, et les émotions s’y liant. Et les sentiments se disputant ses sonorités rauques ressemblaient fortement à une pointe d’étonnement. Pourtant, son visage sous une barbe naissante restait impeccablement neutre. Tout juste glissa-t-il, en arrière, une mèche brune piquée d’argent, preuve incontestable d’une certaine nervosité. Pourtant ses prunelles le trahissaient avec d’autant plus d’intensité qu’elles ne parvenaient à se détacher de la tenue de son supérieur. Les déliés de soie et dentelles avaient chassé le tissu chaud de son mantel. Les jupons et corsets remplaçaient culotte et bottes de cuir. Quand à sa rapière, elle avait tout simplement disparut de sa taille.

« Vous allez prendre le commandement de l’Hurle-Vent en mon absence, Monsieur Brunedard. Allons dans ma cabine, que je vous explique en détails, ce que j’attends de vous. »

Elle partit vers ses appartements, tandis que le loup de mer emboitait son pas d’un air renfrogné. Décidément, il ignorait totalement ce qu’elle avait en tête, mais ce n’était pas pour lui plaire. Son expression d’ours mal léché, se raffermit d’avantage sous les froufrous satinés le précédant.

**********


« Mettez à l’eau un des canots. Et plus vite que cela, Mollassons ! » tançait Hugo Brunedard tout en réalisant, avec un temps de retard, l’extravagance de cette sortie.

De son avis, le Capitaine prenait bien des risques pour peu de choses. Et s’il s’avérait qu’aucun contact ne se présentait à l’Auberge du Huant ou… si la Main-Blanche étendait ses tentacules brumeuses jusqu’à sa destination ? Qu’adviendrait-il ? Non que sa confiance en Hermine d’Aneval s’effilocha… mais elle montrait une certaine imprudence inhabituelle de son caractère calme et réfléchi. Une imprudence qui ne manquait pas d’inquiéter son Second.

« N’ayez aucune inquiétude à mon sujet, Monsieur Brunedard. Je sais parfaitement prendre soin de mes intérêts et de moi-même. » le sermonna la jeune femme lisant en lui avec la facilité de plusieurs années de pratique. « Mais n’oubliez pas. Une semaine. Pas un jour de plus. Pas un de moins. Je compte sur vous. »

Si Hermine remarquait l’air maussade de son compagnon et pressentait ses griefs, elle ne pouvait pas, pour autant, se dédouaner de ses devoirs. Et ce fameux « rendez-vous » établi depuis longtemps, en faisait obligatoirement partie. Que cela plaise. Ou non. Elle s’en accommodait, et son équipage devrait en faire de même. D’autant plus qu’elle recevrait certainement, des informations fraiches sur les mouvements de Logre, de contrebandiers et marchandises. En sus de la préparation d’une arrivée de sa frégate sur les quais logriens. Mais tout ceci se préparait avec minutie et exigeait quelques concessions.

La petite embarcation, fut rapidement mise à flots. Elle s’engagea, alors, sur l’échelle de corde tout en maudissant mentalement la gêne occasionnée par sa tenue trop féminine, ses apparats de mousseline, et les élégantes bottines inadaptées pour cet exercice.
Quatre marins prirent place à bord avec elle, rames au poing, tandis qu’elle tenait la barre.

Ils ne leurs fallut guère de temps pour mener la barque jusqu’à la plage et accoster. Le village de pêcheurs égrenait quelques masures de-ci de-là, avant de se former un peu plus loin en amas de maisonnettes.
Trois des corsaires reprirent la mer, laissant sur le rivage leur capitaine et l’un d’entre eux.

« Bien. Suivez-moi. » dit-elle en avançant d’un pas décidé malgré le sable s’infiltrant déjà dans ses chaussures.

Des poissons séchaient sur des traverses de bois, au dessous desquelles un foyer dégageait une abondante fumée grisâtre. Des enfants chahutaient, sous le regard bienveillant d’un parent occupé à démêler les mailles d’un filet. Les habitants vivaient chichement, mais le village disposait pourtant d’un relais doublé d’une auberge. Un lieu de halte visible pour les pèlerins du Clôs-Vestrige venant de Logre, et les quelques itinérants ou arpenteurs en mal de repos. L’Auberge du Huant, un nom bien curieux, dont la façade décrépie n’inspirait qu’une confiance limitée.
Hermine ajusta le large capuchon de sa pélerine, et entra. L’intérieur se révélait davantage chaleureux que l’extérieur. Une énorme cheminée dévorait tout un pan de mur, berçant l’atmosphère d’une lumière chaude. Les tables de la salle, au trois-quarts vides de clients se dispersaient de part et d’’autre d’un comptoir parfaitement astiqué. Derrière, le tenancier surveillait d’un air bonhomme, les allées-venues de sa serveuse.

« Nous souhaitons prendre un repas et une chambre, maitre aubergiste. Pour une semaine complète. » précisa Hermine

« Quel nom, dois-je inscrire au registre Ma De.. . Ma Dame ? » lui répondit-il en remarquant alors l’alliance au doigt du capitaine.

« Saint-Just. »

Il ne restait plus qu’à attendre l’Emissaire de l’Epine, en espérant qu’il soit à l’heure. Elle l’accompagnerait alors, tandis que le marin prendrait ses quartiers dans cette taverne pour la semaine.
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Nhömas des Filantes

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MessageSujet: Re: Prémices d'un retour en Logre [Nhömas des Filantes]   Jeu 5 Nov - 14:14

Émergeant de la Brume, quatre cavaliers firent grimper un talus à leurs montures. Immobilisant son hongre, le premier d'entre eux se hissa un instant sur ses étriers afin de reconnaitre le terrain. Après avoir détaillé chaque silhouette dans son champ de vision, il fit un signe de la main à ses camarades.

Desserrant l'écharpe qui protégeait son cou, le cavalier de tête toussa légèrement puis se massa le cou. Partis de bonne heure ce matin, au moment même où le soleil se faisait visible sur l'océan, ce n'était pas moins de trois heures de course à un rythme soutenu qu'ils venaient de s'infliger. A dire vrai, après plusieurs semaines passées à bord d'un navire à aller et venir dans des espaces réduits, tenir un tel rythme tenait à la fois du bonheur et du supplice.

Les grands espaces, le sentiment de pouvoir cheminer à leur guise, la vitesse tout autant que le puissant soulèvement de la cage thoracique de leurs montures n'étaient pas moins qu'enivrant. Et pourtant, leurs corps autrefois habitués à de telles cavalcades marquaient l'arrêt. Leurs bottes leur semblaient trop pleines et leur dos trop raide.

« L'auberge où nous sommes attendus n'est plus qu'à quelques kilomètres » annonça l'un des envoyés de l'Epine, entre deux quintes de toux.

L'un de ses camarades approcha sa monture de la sienne et lui tapota le dos.

« En route, un peu de bon air dans les bronches te fera du bien, Sanzë. » lui dit-il en prenant la tête du convoi. Le malade se lança à sa suite, sans mot dire et en quelques instants le fracas des sabots disparut au profit de la quiétude du lieu.

Se hissant sur le talus les deux derniers cavaliers se contentèrent d'observer les alentours d'un air inquiet. L'un d'eux fit émerger de sa sacoche une longue-vue qu'il déplia avec moultes précautions, afin d'observer le déplacement de ses camarades. Le dernier, profitant d'un rayon de soleil naissant, déplaça son tricorne vers l'arrière et découvrit sa gorge de son écharpe. Plusieurs minutes passèrent sans qu'ils modifient notablement leur comportement.

« Bien. Ils sont en place. » grinça à mi-voix l'attentionné observateur.

Le Chevalier des Filantes, en attente, se massa le cou, faute de mieux. Son entourage, fermement décidé à l'abriter du danger, le tenait aussi sérieusement par la bride. Sanzë et Galde, deux des membres du personnel de son ambassade, avaient tenu à reconnaitre le terrain avant son entrée dans l'auberge qui lui tiendrait rapidement lieu de rendez-vous. Loin de se sentir gêné de telles attentions, le secrétaire préférait laisser aller les initiatives sans les restreindre.

L'arme au fourreau, chacun d'entre eux s'étaient néanmoins préparé au pire. Dès le matin, ils avaient profité de la brume naissante, par chance pour eux parfaitement naturelle, pour s'éclipser des routes usuellement fréquentées par les pèlerins en transit entre Logre et le Clôs-Vestrige. Puis, profitant de chemins libérés, ils avaient forcé l'allure jusqu'au point de rendez-vous.

« Ils entrent. » annonça la vigie.

L'un et l'autre patientèrent en silence.

« Bien. Galde ressort. Il s'installe sur les marches. Tout va bien. » poursuivit-il.

« Ou alors, il est déjà saoul. Allons vérifier. » rétorqua Monsieur des Filantes en talonnant sa monture.

Il ne fallut guère plus que quelques minutes pour que les retardataires ne rejoignent leurs compagnons. Mettant pied à terre, ils prirent les dernières informations au vol.

« Elle est déjà l'intérieur » glissa Sanzë.

« Tellement immobile que si elle ne bouge pas un peu, c'est le bâtiment qui va finir par tanguer autour d'elle. » précisa Galde.

« Allons-y en ce cas. » commenta Nhömas en gravissant les marches du parvis. Accompagné de ses camarades il conduisit son groupe directement au comptoir où le tenancier, en alerte, les attendait la main sur ses plus larges verres.

« De quoi rafraichir quatre voyageurs sous le soleil ! » commanda Galde, sur un ton amical.

« Voilà qui est fait » répondit le tenancier en distribuant des pintes de verre.

« Attendez ! » le coupa Nhömas. « Si ce n'est pas malheureux de voir une jeune femme seule en cette heure. Connaissez vous son nom ? »

« Mademoiselle Sain-Just, d'après le registre. » dit-il sans le consulter, preuve que le propriétaire avait une bonne mémoire lorsque le sujet concernait les belles femmes. « Elle est néanmoins accompagnée, ce qui peut poser problème. »

Affichant un air grivois, il bouscula l'un de ses camarades.

« Cela ne posera aucun problème, je le suis aussi. Mettez moi une bouteille de vin et deux verres. » commanda le Chevalier.

Le tenancier lui remit les éléments composant sa commande puis le jeune homme s'orienta d'un pas léger vers la jeune femme. Il traversa la salle, évitant une paire d'enfants turbulents et laissant passer la vieille dame qui tentait de leur mettre la main dessus pour leur faire payer on ne savait quelle farce cruelle.

Il se présenta à la table.

« Mademoiselle Sain-Just, vous m'inviterez bien à prendre un verre de vin » dit-il pour préserver les apparences.

Ce qui ne l'empêcha pas de s'installer face au Capitaine d'Haneval, avant même d'entendre sa réponse.
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Hermine d'Aneval

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MessageSujet: Re: Prémices d'un retour en Logre [Nhömas des Filantes]   Ven 6 Nov - 21:24

Le regard fixe détaillant les boiseries usées des battants de fenêtres et les contours diffus de la plaine s’étendant au-delà de l’Auberge du Huant, Hermine faisait preuve d’une patience exemplaire sinon d’une calme résignation. Devant elle, les effluves tièdes d’une tisane citronnée essayaient de tenter ses sens à défaut de capturer son attention. La corsaire quitta des yeux, le dehors pour se concentrer sur l’intérieur. Quelques bambins jouaient au coin de l’âtre, trop près du feu de cheminée. Les autres clients discutaient, murmuraient, riaient ou s’esclaffaient tour à tour. Mais du bout de la porte, aucun émissaire de l’Epine n’apparaissait. Elle tourna bien deux ou trois fois la tête en cette direction lorsque la clochette résonnait… Mais d’aucun n’était son « rendez-vous », à son grand dam.

Soupirant doucement, elle s’empara de la tasse tentatrice. Le liquide, délicieux quoique un peu trop chaud, glissa le long de sa gorge, procurant une agréable chaleur diffuse dans son corps et quelques réminiscences de son enfance. Etrange comme une simple odeur, une sensation particulière ou un goût précis se lient avec les évènements d’une vie. Comment l’un appelle l’autre, et l’autre rappelle l’un.

« Mademoiselle Sain-Just, vous m'inviterez bien à prendre un verre de vin »

Le timbre masculin s’introduisit perfidement dans son voyage éthéré du temps, et, la ramena brusquement à cette réalité. En vérité l’homme n’attendit pas plus qu’elle accepte pour s’installer tout en face d’elle, qu’elle ne reprenne entièrement ses esprits. L’Outrecuidant s’était déjà bel et bien accaparé la chaise libre et envahissait à présent, d’une bouteille et de verres, la tablée.

« Il semblerait que vous ayez, par ailleurs, déjà décidé de ce point seul » répliqua-t-elle amusée mais le visage impassible.

La possibilité qu’il soit la personne tant attendue, s’accrue à l’énoncer de son patronyme. Mais il pouvait être tout autant, un illustre inconnu désireux de prouver ses quelques talents charmeurs à ses compagnons. Ou l’effet dévastateur de ses compliments flatteurs, tout en récoltant les fruits de sa cour entre les draps de sa chambre.

« Mademoiselle ? »

Le coin de sa bouche s’ourla d’un sourire énigmatique.

« Rien ne vous permet de l’affirmer Monsieur. » Continua-t-elle en se prenant à son jeu
« Il se trouve que je suis une femme mariée, ne vous en déplaise »

Elle tendit alors vers le chevalier, sa main gauche et le petit anneau d’or encerclant son doigt.

« Mais je n’ai rien contre un verre de vin, Monsieur… » Elle hésita sciemment un instant
« Monsieur comment déjà ? Je n’ai pas bien saisit votre nom. Il serait injuste de me le cacher davantage alors que vous envahissez ma table et ignorez rien du mien »

Elle repoussa dans un coin, la coupelle et la tasse blanche. Elle paraissait détachée, mais son être entier se tendait dans cette attente de réponse. Qu’il dise se nommer Nhömas des Filantes et elle en serait soulagée. Sinon et bien… elle improviserait. Après tout elle savait parfaitement s’adapter aux situations, même des plus rocambolesques.
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Nhömas des Filantes

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MessageSujet: Re: Prémices d'un retour en Logre [Nhömas des Filantes]   Jeu 12 Nov - 18:03

« Nhömas des Filantes » révéla-t-il sans détours en servant deux verres de vin d'égale contenance. « Souvenez vous, vous avez manqué rendre borgne un de mes cousins, dans les salons de la Cour Fantôme... De peu remarquez ! » conclut-il.

D'un mouvement du poignet usité il força la bouteille à une légère rotation, épargnant à la table une salissante tache de vin. Il reposa la bouteille de côté et souleva son verre. Sans mot dire, il leva son verre et trinqua avec son interlocutrice.

« Le délicat jeune homme aux yeux bleus, l'affaire me revient. » dit-elle sans afficher d'expressions inutiles. « Comment se porte-t-il ? » poursuivit elle, affectant un intérêt poli pour le sujet.

« Marié, deux enfants et fidèle comme une huitre à son rocher. » répondit Nhömas du tac au tac.

Son interlocutrice étouffa un rire policé.

« La leçon infligée lors de cet épisode en a fait quelqu'un de bien, et sa femme ne saurait sûrement que vous en remercier. Sa cicatrice lui donne un air viril bien en vue auprès des autres hommes et lui rappelle chaque jour ce qu'il advient lorsque l'on convoite la femme d'autrui. » décrivit le Secrétaire d'un ton ferme mais pas moins amusé.

« Ce fut un séjour intéressant. Votre contrée est agréable à visiter lorsque l'on y est invité. Et il faut reconnaitre que la Couronne sait y faire, en carton d'invitation... » laissa-t-elle en suspens.

« ... au prix de vos interventions et pour le nombre de sujets que vous avez envoyés... » dit-il en souriant « ... Par le fond, il est normal que la Couronne soigne les formes. » poursuivit-il.

« Renseignez-moi plus avant, Nhömas... Lors de notre dernière entrevue, et excusez moi d'avance, vous n'étiez qu'un simple grouillot... Agréable, cultivé et chevalier, mais n'ayant rien en sus d'un autre lui permettant de prendre un poste avec des responsabilités aussi importantes que celui de secrétaire de la Maison de l'Epine. » dit-elle sans moqueries aucune, se voulant seulement descriptive.

Un ange passa entre eux avant que le Secrétaire ne reprenne.

« Je vous rassure, rien n'a changé. Bien que de valeur, à mes yeux ainsi qu'à ceux de ma pauvre mère, je reste le grouillot sacrifiable, compétent et sacrifiable. Il faut être clairvoyant. Il est fort peu probable qu'un ambassadeur de l'Epine ne vienne s'installer en Logre, aussi, il va falloir tabler sur une présence prolongée du pauvre petit secrétaire. Tout ceci est conforme au fonctionnement de la Cour Fantôme, dont vous connaissez les rouages, aussi n'y trouverai-je rien à redire. »

« Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » dit-elle en levant son verre.

« Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » reprit-il en trinquant de nouveau avec elle.

Ils vidèrent leurs verres et Hermine les remplit de nouveau, bien que plus modérément cette fois-ci.

« Bien. Exposez-moi les prémisses de votre plan. »

« Faire exactement ce que l'on attend de moi, à savoir développer l'entente entre l'Epine et Logre. L'expérience se révèlera certainement riche d'enseignement et il est important que le Conseil ne cherche pas à investiguer plus avant dans nos affaires. Ils m'ont déjà fourré un de les agents dans les pattes. »

« Congédiez-le. »

« J'y ai pensé, mais il s'empresserait d'en trouver un autre, ou de trouver de nouveaux moyens de nous nuire. Non, autant avoir un ennemi connu qu'inconnu... Vous concernant par contre, j'aurai besoin que vous veniez en Logre. Une affaire de trois jours, pas plus, pas moins. Je sais que vous avez rendez-vous d'ici la fin de la semaine. J'ai besoin de faire de vous un personnage de la Maison de l'Epine afin que vous puissiez par la suite convoyer légalement les ressources dont nous aurons besoin pour la suite de nos projets. Ressources et personnel... surtout le personnel à vrai dire. Il est essentiel pour nos projets d'augmenter le nombre d'hommes acquis à nos projets en ville. »

« Libérez votre conscience, Monsieur des Filantes, dîtes m'en plus... »

Il se leva après avoir vidé son verre.

« Mieux Mademoiselle Saint-Just, laissez moi faire mieux. Je vais vous en montrer. »
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Hermine d'Aneval

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MessageSujet: Re: Prémices d'un retour en Logre [Nhömas des Filantes]   Mer 9 Déc - 12:20

Prenant exemple sur ce modèle masculin raffiné de parfait gentilhomme, Hermine se leva à son tour dans un froufroutement de mousseline bleue. Acquiesçant à cette proposition qui ne manquait pas de titiller la corde sensible de chaque femme, à savoir leur curiosité inextinguible, la jeune femme promena un regard glacé sur l’ensemble de la salle d’auberge à la recherche d’une silhouette familière.

« Monsieur des Filantes, en voici une idée réjouissante » ponctua-t-elle d’un mouvement gracieux sa main sur le galbe de son bras autant pour le retenir de s’élancer dans d’autres explications que pour l’empêcher de filer loin de cette auberge.

« Cependant, accordez-moi quelques minutes. Il me faut monter dans ma chambre. Je ne serais pas longue, et vous n’aurais pas à rouspéter de mes manières féminines avec vos hommes, c’est promis. »

Délaissant le galant sur place, elle s’élança à l’assaut de l’escalier en colimaçon. Puisque son marin ne goutait pas aux joies d’un feu de cheminée et d’une pinte de Bière, elle le supposait à juste titre, de retour dans la chambrée. Il n’y avait rien d’ostentatoire et de luxueux dans cette petite pièce pourtant accueillante. Les grandes persiennes se paraient de jolis volants orangés, le lit double se cachait sous un couvre-lit charmant, les meubles de bois sombres s’ornaient de napperons jaunis par les années, le parquet ciré luisait de propreté. Une odeur agréable de lavande se dégageait de la penderie et de la literie où s’affalait sans vergogne une paire de bottes et leur propriétaire.

Hermine fronça légèrement les sourcils, et toussota pour révéler sa présence.
« Ne croit pas que tu vas récolter d’une semaine de repos dans cette auberge. J’attends à mon retour des résultats Ehouarn. Et des rumeurs tangibles. »

La jeune femme marqua son exaspération, d’un soupir agacé alors que son subordonné s’empressait de quitter le matelas moelleux, de crainte que certaines foudres s’abattent un peu trop fort sur son crâne ou sur son postérieur. Hermine sans un mot de plus, se contentait d’observer d’un air calme et impérieux. Puis jugeant suffisant l’état de réveil de l’homme, elle se détourna de lui pour s’emparer d’un ballot. Le bagage de toutes ses affaires… enfin les plus utiles du moins.

*******


« Un bel animal… »

Hermine flattait l’encolure de sa future monture, dédaignant pour l’instant le cuir policé de sa selle d’amazone. Non qu’elle eut besoin d’une aide particulière pour se hisser dessus. Mais l’étiquette et la bienséance primant malheureusement sur le reste, elle attendit poliment que le Chevalier des Filantes, accessoirement instigateur de la présence chevaline. Après tout, elle se devait de jouer un rôle sur mesure aux yeux curieux des badauds, aussi se pliait-elle d’assez bonne grâce à cet exercice. Les mains du Courtisan enlacèrent sa taille et la déposèrent sur la croupe galbée de la jument.

« Merci » répondit-elle en se calant au mieux sur cette chose qu’elle élevait au même rang « d’objets de torture » que les escarpins vernis
« Et bien allons y… il me tarde de combler mes lacunes quand à vos projets et accessoirement de revoir mes terres natales »

Elle talonna le flan de l’animal, à l’image de ses compagnons de route

[ On continue à ta guise en Logre ou bien sur le chemin menant à la cité. Et toutes mes excuses pour le temps d'attente]
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MessageSujet: Re: Prémices d'un retour en Logre [Nhömas des Filantes]   

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