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 Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]

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Marie Canteloup

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MessageSujet: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   Jeu 8 Oct - 23:10

[Ou en étions nous?
Le sieur de Gambardin rafistolé, stabilisé et inconscient avait été ramené chez lui après son duel peu conventionnel. Après tout ce sang perdu, qui pouvait prédire quand est ce qu'il rouvrirait les yeux? Marie n'avait pas tardé à prendre une décision : elle irait louer les services d'une vieille sage femme des bas quartiers, une veuve de quelque moralité à l’hygiène suffisante pour que son noble patient ne braille pas comme un damné en la découvrant un jour à son chevet.

Enfin si, il braillerait certainement et serait encore plus odieux qu'à l'accoutumée, coincé dans son lit, la musicienne n'en doutait pas un seul instant. Mais l’ancêtre ne s'en laisserait pas compter et surtout, surtout : elle s'occuperait de le changer. Eh bien quoi? La jeune femme a certainement assez de présence d'esprit pour savoir que conscient ou non, le corps ne cesse de fonctionner longtemps, et que devait bien être évacué ce qui avait été ingéré. Elle n'allait quand même pas s'en charger elle-même, si?

Certainement pas. D’où l'utilité de louer au triste sire une garde malade à la ferme poigne malgré son faciès ridé et ses chicots gâtés. De même, la brune n'aurait pu souffrir l'interminable ennui d'une veille prolongée à ses cotés. L'abnégation de la cousine autoproclamée n'allait pas si loin, bien qu'elle lui rende de fréquentes visites toujours couronnées d'un aussi piteux succès. A toute heure, en fait, et de façon parfaitement impromptue, ce qui a le don de mettre la mamie de fort méchante humeur.
Ah, oui. Souriant avec satisfaction une fois de plus, à y repenser, elle se dit que ce couple là est fort bien assortit.

Mais ou diable a elle bien pu trouver l'argent nécessaire à fournir sa charmante compagne à l’irascible duelliste? Ce fut fort simple, en fait : en revendant la robe qu'il lui avait offerte. Malgré les soins experts du teinturier, sa tenue imbibée du sang masculin n'aurait plus jamais été la même, sans compter que la bonne société l'avait déjà vue deux fois avec. Tel est le prix de la notoriété et les affres de fréquenter des personnes dont le désœuvrement incline tant au persifflage : se montrer une fois de plus dedans, même en rusant, eut été parfaitement impossible. Incongru. Scandaleux. Honteux. Parfaitement indigne de la fabuleuse cousine.

Au moins, la brune n'avait pas fait mauvaise affaire à force de négocier tant et tant que le camelot, à bout de nerfs, lui avait accordé son prix ne serais ce que pour la faire taire : la monnaie récupérée, outre la garde malade, avait suffit à lui assurer plusieurs semaines de loyer auprès de sa logeuse de même qu'un solide casse-croute, deux culottes neuves, une paire de chaussettes ainsi qu'une poignée de billes.
Pourquoi des billes? Parce qu'elles étaient jolies. N'est ce pas évident?

C'est ainsi que le soleil et la faim l'éveillent, par une belle matinée. Ouvrant un œil dans le secret de sa mansarde, Marie demeure quelques instants allongée sur son vieux lit, à regarder passer des volutes de poussières dans les rayons dorés dispensés par l'astre du jour. Elle baille, se gratte la tête de bien indélicate manière, frotte le bas de son dos légèrement rudoyé par une latte récalcitrante, et se lève finalement d'un bond.
Elle le regrette tout aussi vite, manquant glisser sur le paillasson improvisé séparant ses pieds nus des échardes d'un sol inégal. Fort heureusement, nul n'a pu la voir gesticuler bêtement dans sa chambrée, le temps de retrouver son équilibre, et la voilà qui ricane toute seule de sa maladresse.

Sans trainer et ne prêtant pas l'oreille aux très riches bruits du quartier, que des murs fins et un plancher ajouré ne permettent qu'à peine d'assourdir, la folle damoiselle fait promptement sa toilette au pichet d'eau glacé, s'engouffre frissonnante dans ses habituelles nippes, et se précipite au dehors afin de s'y réchauffer un peu, volant à demi sur les marches vermoulues qui n'ont pas le temps de grincer sous son poids de sauterelle.
L'air du dehors claque son visage souriant en même temps que les odeurs de la rue populaire, la foule des petites gens pressés d'aller travailler, la lumière crue d'un ciel sans nuages.

Instinctivement, la belle esquive le contenu d'un seau d'aisance balancé avec négligence et fracas d'une mansarde voisine, déjà loin lorsque retombent de fétides gouttelettes d'une teinte douteuse.
Incertaine sur le contenu de sa journée, comme toujours, l'artiste fredonne distraitement un embryon de mélopée, ses bottines claquant le pavé en rythme sous les sifflements et quolibets de ces contemporains qui commencent à bien la connaitre, dans le quartier, un camelot pestant sur la distraite qui vient de manquer lui faire renverser sa charrette en passant sans crier gare.]
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Frédérique Jolicœur

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MessageSujet: Re: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   Ven 9 Oct - 20:40

Assis sur une caisse, un bras enserrant ses genoux contre sa poitrine, Jolicœur laisse son regard prudent glisser sur les passants se pressant dans la rue malgré l'heure.
Dans son autre main, un petit pichet de bière explicite on ne peut mieux le pourquoi de ce lever si matinal : il n'y a pas eu de coucher pour l'adolescent, dont les vêtements exhalent une inimitable odeur de bière bon marché.

Si l'on observe un tant soit peu cependant... on peut remarquer que le jeune homme renverse de temps à autre sa bouteille sur ses vêtements et... c'est tout. Son regard est certes fatigué, mais pas du tout voilé par les brumes d'un quelconque alcool.

Le Jolicœur chasse.
Dans cette rue, au milieu de tous ces gens affairés mais peu fortunés ? Est-ce que cela en vaut vraiment la peine ?

Hé bien : on ne tombe pas tous les jours sur des écris emplis de pierres fines, n'est-il pas ? Il faut bien -puisque la revente desdites pierres n'est pas à l'ordre du jour- assurer son gîte et son couvert. Donc : il faut partir en chasse. Dénicher les piécettes au fond des poches, et les pendentifs au cou des belles.  

Et comme la recette ne sera PAS mirobolante, il faudra retourner planquer un peu plus loin. Chez les petits bourgeois. Mais alors, il faudra changer de vêtements. Pouvoir passer pour le laquais du voisin. Et les risques seront accrus. Mais l'attrait de la chasse plus fort, aussi.

Alors qu'un portefaix à l'air satisfait passe devant lui et qu'il s'apprête à le suivre -un docker réjoui, cela signifie une fois sur deux qu'il a reçu sa solde. L'autre fois, c'est qu'il s'est battu et a gagné, et celui-là ne parait pas amoché : parions sur la solde- le regard du jeune tire-laine est attiré par l'exclamation colérique d'un marchand ambulant, gêné dans ses manœuvres par le pas sautillant d'une jeune femme qui traverse sans regarder... et sans plus le remarquer après qu'il ait évité l'impact.

Agacé, l'homme tend la main pour se saisir de l'impudente... quand sa charrette marque un tel sursaut qu'elle manque lui échapper, réquisitionnant toute son attention pour qu'elle ne verse pas.
Paraissant juste à côté du véhicule brinquebalant, Jolicœur prête volontiers la main à l'homme pour remettre son outil de travail d'aplomb, dégageant du pied la cruche -mais que faisait-elle là ?- ayant provoqué l'incident. Après un sourire il s'éloigne d'un bon pas et rejoint Marie rapidement.

Sortant de son pourpoint rapiécé deux belles pommes "empruntées" à son nouveau meilleur ami, il en tend une à la jeune femme en arrivant à sa hauteur.

- Bonjour belle demoiselle. Avez vous déjeuné ?

Le ton est agréable, le sourire amical, un peu enfantin.
Le regard, par contre, dit clairement l'intérêt de l'individu pour la donzelle.
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Marie Canteloup

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MessageSujet: Re: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   Sam 10 Oct - 16:42

[Avait elle perçu l'approche de l’adolescent? La jeune femme ne sursaute pas lorsqu'il lui adresse la parole mais s'arrête tout aussi net, haussant un sourcil perplexe. Son naturel reprenant cependant promptement le dessus, un sourire en coin éclaire bientôt sa trogne, et le regard inégal se pose sur la pomme.
On entend gargouiller un ventre, en contrebas.]

"Ma foi, je m'en allais justement chercher une bonne âme assez bien disposée pour m'offrir pitance, ayant l'estomac aussi creux que ma pauvre escarcelle, et sachant les crochets d'autrui généralement mieux pourvus."

[L'attention qu'elle porte au fruit, qu'elle devine juteux, la fait du reste un peu loucher. Le message est clair cependant : elle n'a rien à voler et rien de plus à offrir en échange de l'aliment exposé, autant couper court de suite à toute ambiguïté. C'est que d'expérience, la donzelle se doute bien que rien n'est gratuit et que les bons samaritains à l'âme désintéressée se font rares, dans les bas quartiers.]

"Êtes vous de ces bonnes gens, jeune homme?"

[Demande enfin la brune, avec une note d'espoir dans la voix, tout en sachant qu'il y a là à peine de quoi se caler une dent creuse. Qu'importe! Il sera toujours temps de chercher ailleurs pour compléter, non? Oui, oui... il faut bien commencer quelque part.
Se nourrir sans rien débourser est vraiment un travail à part entière, n'est ce pas épuisant?]


Dernière édition par Marie Canteloup le Mar 13 Oct - 19:11, édité 1 fois
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Frédérique Jolicœur

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MessageSujet: Re: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   Lun 12 Oct - 15:19

Jolicœur se contente de sourire en coin, faisant sauter la pomme dans les petites mains de la violoniste.

- Vous ne me ferez pas accroire qu'une jolie fleur telle que vous, dotée de doigts aussi subtils -mais non, il n'y a aucun sous-entendu dans cette incise oiseuse- n'a pas trouvé de généreux protecteur ! Ou bien les gens de cette ville ont les oreilles bouchées.

Il croque sa pomme pensivement.

- Je ne suis pas ce qu'on peut appeler une bonne âme. Clairement. Je suis plutôt du genre... vilain garçon, vous voyez ? *retour du sourire en coin, et il prend sans manières le bras de Marie* Mais j'ai quelques principes et ne mets pas en danger ni ne moleste les jolies femmes. Donc... je me permets de vous proposer une association à durée déterminée.

Nouvelle bouchée craquante.

- Je dois... visiter une maison. Dans le quartier bourgeois. C'est assez compliqué, elle est assez animée. Il me faudrait dix minutes... et je n'arrive pas à les avoir, tous ces gens n'arrêtent pas de bouger, c'est d'un péniiiible ! *il roule des yeux* Bref. Si certaine accorte jeune fille jouait du violon non loin de leur portique, disons... une petite demi heure histoire que nul ne puisse lui reprocher quoi que ce fut... Cela m'aiderait fort... Et il y aurait quelqu'argent à gagner à la clé de cette opération. ... Seriez-vous intéressée ?
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Marie Canteloup

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MessageSujet: Re: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   Mar 13 Oct - 19:10

"Des protecteurs?"

[Un étrange sourire un rien dérangeant flotte quelques instants sur les lèvres de son interlocutrice avant qu'elle ne croque dans la pomme offerte. Rien n'étant gratuit, décidément, la violoniste lui trouve un petit gout acidulé. Pas déplaisant, pas surprenant, mais qui la distrait malgré tout suffisamment pour qu'un silence passe et laisse croire en une cogitation inexistante.]

"Si fait, et après? J'aime vivre aux crochets d'autrui, c'est vrai, mais je ne m'abaisserait pas à être entretenue. Et puis ça implique une certaine notion de fidélité, de stabilité qui me dérange...
Tiens, retire l'imprévu à la vie..."


[Crachant un pépin dans sa paume, la brune le lui montre avant de l'envoyer choquer, d'une pichenette diaboliquement précise, l'oreille d'un tanneur à l'air patibulaire. Ce dernier, peut être un peu lent d'esprit, n'aurait probablement pas deviné l'origine de l’offense si la coupable n'avait attendu sur place en lui souriant bien trop innocemment pour être honnête. L'esprit tout endormit qu'il soit, le bougre finit par comprendre, lever le poing et s'apprêter à courser la donzelle en vociférant des insanités, Marie ne se décidant à courir qu'une fraction de seconde auparavant, entrainant son comparse dans les ruelles et venelles, les passages de la ville les plus tortueux, crasseux, sombres. Et colorés, pourtant.]

"... Et rien n'aura la même saveur!"

[Déclare elle en mordant de plus belle dans le fruit juteux, qu'elle apprécie d'autant plus à présent qu'il est devenu l'acolyte involontaire de sa petite persécution gratuite.]

"Bon, ton plan... dis m'en plus."

[Réclame l'artiste, finalement un peu plus sérieuse. Tandis qu'ils poursuivent leur route, ils croisent un grand ladre au torse velu qui salue la jeune femme de la tête, sobrement. Ses habits rapiécés sont de toutes les couleurs, criardes si elles n'étaient délavées, l'enroulant d'une parodie d'exotisme qu'il serait mal avisé de lui signaler. Un peu plus loin, des enfants s'entrainent au jonglage.]

"Quel type de diversion dois-je fournir? Est ce qu'on aura besoin d'un complice? On a l'embarras du choix, ici... est ce uniquement pour l'argent, ou y'a il d'autres motivations qui te poussent à aller cambrioler ces bourgeois là plutôt que d'autres? Un butin en particulier, une revanche, un tour à jouer?
Raconte moi tout : j'aime les histoires. Si elle n'est pas décevante, il se pourrait que tu disposes de tes dix minutes."


[Si le Jolicoeur est observateur, il pourra constater que les bonnes gens ne semblent pas légions, dans le coin. De même que les oreilles indiscrètes... les bavardes, en tout cas. Des quelques façades de taudis qui ne sont pas aveugles sortent des chants, des bruits divers, une musique discordante. Une vie particulière d'intermittents du spectacles, d'amuseurs à la petite semaine, de saltimbanques miséreux. Sa guide semble parfaitement à sa place ici, loin de l'autre Logre et surtout : loin de toute soldatesque malvenue.]
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Frédérique Jolicœur

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MessageSujet: Re: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   Mar 13 Oct - 21:40

La donzelle est folle.

Mais genre... totalement.

Essayant de calmer son fou-rire totalement incompatible avec l'exercice de la course à pieds, l'adolescent démontre son agilité en ne se laissant malgré tout pas distancer par la serpentine violoniste, laquelle bénéficie en outre d'une excellente connaissance des lieux.
Quand ils s'arrêtent enfin -privilège de la jeunesse insouciante que de savoir courir pour sauver sa peau et retrouver son souffle sans perdre de temps- il récupère sa pomme serrée dans sa poche, souffle dessus pour en retirer quelques peluches et un peu de paille -??- et croque à son tour, examinant la jeune fille d'un nouvel œil.

De "dommage collatéral", elle vient de passer à "partenaire provisoire potentielle". Elle a la rapidité d'esprit, le physique et la folie nécessaires à cela.

Et la cour des miracles locale a ma foi l'air bien sympathique. Avoir une alliée, même fantasque et provisoire, dans un autre coin de la ville est une chose diantrement intéressante. On peut peut être y trouver des renseignements, des rabatteurs... tout ce qui fait rentrer de l'argent. Parfait.

Il se laisse donc aller à plus de confidences qu'il n'en avait au départ l'intention, tout en celant l'essentiel : le nom de la cible, et comment joindre le commanditaire. Le concept de "libre-concurrence" prend tout son sens dans ce métier.

- Un complice de plus, c'est une personne de plus avec laquelle partager l'argent promis : je n'y tiens pas, ce n'est pas une... intervention difficile en soi. C'est juste que... *un peu de frustration s'entend dans sa voix* Ils sont entassés là-dedans comme une portée de chatons ! Chaque pièce contient dix personnes ! ... Le plan consisterait à faire converger tous ces crétins vers les fenêtres donnant sur la rue. Il n'y a que des mâles, ou peu s'en faut : une ravissante violoniste égrenant une mélodie renversante devrait convenir. Pendant ce temps, je passe côté cour, grimpe jusqu'à la fenêtre du bureau... et c'est là que j'ai besoin des dix minutes ; faut que je le fouille. Je ne cherche ni bijoux ni argent -même si je ne cracherai pas dessus si d'aventure j'en trouve- je cherche des lettres, des lettres qui furent scellées de bleu et parfumées... si vous voyez ce que je veux dire.

Après deux haussements de sourcils on ne peut plus ambigus, il a un petit silence pendant lequel il finit sa pomme.

- Ça n'amène que des ennuis, de savoir écrire. Quelle idée de coucher des sentiments là où ils peuvent vous revenir en pleine figure ! ... Bref. Une fois tout cela fini... nous amenons ça à notre commanditaire, qui nous paiera.

Ses yeux pers se plantent dans les prunelles dissemblables avec décision.

- Alors, jolie violoniste, ton verdict ?
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Prime Stellans
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MessageSujet: Re: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   Mer 14 Oct - 18:43

Une prison à ciel ouvert ; voilà ce qu’étaient les Taudis.

Placé à l’extérieur des remparts de Logre, l’état temporaire de ce campement s’était au fil du temps mué en bivouac permanent. Les premiers arrivés – pour ne pas dire fuyards – s’étaient vu refuser l’entrée en ville lors des premières grandes migrations. En provenance d’autres villes désormais mangées par la dalle de brume le flux de ces pauvres gens s’était jour après jour renforcé et les autorités de Logre, afin de gérer l’urgence, institutionnalisèrent ce renflement sous les murs de la cité.

L’effroi néanmoins fut plus grand lorsque l’arrivée massive ne devint plus qu’un mince filet de nouveaux entrants puis plus rien lorsque les derniers survivants de l’arrière pays ne représentèrent plus que quelques rescapés épars.

Actuellement il était notoire que la garde de la cité laissait aller et venir en relative quiétude les habitants des Taudis afin qu’ils puissent se livrer aux commerces qui assuraient leur maigre pitance. Bien qu’il soit difficile de vérifier les identités en une telle époque, vérifier les adresses étaient devenues la norme pour les membres de la garde. Gare à l’impudent qui se risquerait à se laisser enfermer de nuit dans les murs de Logre sans pouvoir attester de son lieu de résidence. Afin de répondre à ce besoin particulier plusieurs professions particulières étaient apparues. Nombreux étaient les hôteliers et aubergistes qui pratiquaient « l’enclavage ». Ces enclavagistes fournissaient une adresse à la nuit à ceux qui pouvaient se les payer. Cet usage, réglementé, nécessitait une inscription préalable en un registre vérifié par les autorités administratives du parvis. Plus dangereux néanmoins de véritables « courtiers en adresse » pratiquaient leur commerce à la volée et modifiaient les registres avec l’adresse et l’assurance de notaires convertis au crime. Enfin, bien entendu, une foultitude de particuliers officiait. Certains, plutôt bonnes âmes, offraient gite et couvert par compassion alors qu’à l’autre extrême de la nature humaine se trouvaient des aigres qui vendaient à prix d’or quelques abris relatifs.

Les taudis, néanmoins, subsistaient. S’il était impossible pour les autorités de la ville de les laisser entrer en ses murs, il était encore moins imaginable pour les franges les plus aisées de la société de les laisser disparaitre. Aux champs les habitants des taudis produisaient une bonne part de la nourriture venue en ville alors que la plupart des échoppes de la cité faisait appel un jour ou l’autre à ces travailleurs plus ou moins réguliers.

De mémoire d’habitant, seuls deux hivers avaient poussé les autorités à ouvrir les portes durant plusieurs semaines lorsque la brume s’était avancée jusqu’à trois cent pas des murs.

Récemment néanmoins les taudis ont commencé à s’organiser et à tenter de se lancer dans la course aux sièges du Conseil de bronze et d’airain. Kelnah Nabilès, à la tête de ses frondeurs, ne cache pas ses ambitions et c’est avec espoir qu’une large part de la population soutient son projet.

Projet fou ou déjà avorté et contenu par les possédants de la ville ; il est encore trop tôt pour le dire avec certitudes.
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Marie Canteloup

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MessageSujet: Re: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   Jeu 15 Oct - 23:10

[La donzelle se rembrunit quelque peu.]

"Si je comprend bien, je dois piquer leur curiosité à l'oreille et les y faire rester en ayant du monde au balcon?"

[Pour bien appuyer son propos et qu'il ne se méprenne pas sur le sens de l'expression, elle rehausse, sans gêne aucune, les dites armes de distraction de ses propres moyens. Puis, portant le dos de sa main à son front en une parodie d'affliction, l'artiste se récrie :]

"L'Art ne suffit donc point aux cruels bourgeois! Les blasés! Les libidineux!
Ah! Et comment je fais si l'un d'eux descend me compter fleurette, si d'aventure je venais à faire trop bonne impression?"

[Croisant les bras, Marie entre alors dans le vif du sujet :]

"Si tu te fais prendre ils vont faire un plus un, et je me fond mal dans le décors. A quel point es tu doué à ton affaire? Ce sera quoi, ma part? Et quelle garantie j'ai que tu ne vas pas te faire payer et me laisser en plan, avec mon violon? As tu d'autres garanties qu'une pomme et ta bonne fiole pour égarer les soupçons et mettre une entrecôte dans mon assiette?"
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Frédérique Jolicœur

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MessageSujet: Re: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   Mer 4 Nov - 16:36

L'adolescent arbore un sourire coquin tout en lorgnant sans vergogne dans le décolleté de sa piquante camarade.

- Je crains que les susdits bourgeois ne soient quelque peu blasés de douces sonorités et chants subjugants. Tandis que nul mâle normalement constitué ne peut résister à un frais minois et à un corps gracile, ne serait-ce que que pour mater en bavant. Du coup, si on peut avoir les deux en une... c'est tout bon.

Sourire en coin.

- Ben comme tu le sens. S'il te plait pas tu t'en vas... Sil te plait... tu fais ce qu'il te plait, je suis pas là pour, hm... jouer les pères la Vertu, promis.

Le sourire en coin réapparaît alors, et il passe un bras familier autour des épaules de Marie, agitant son autre main sous ses yeux.

- Je suis pas mal doué. Pas tellement comme pickpocket -encore que- mais comme monte-en-l'air, ouais, carrément. ... Ta part... Si on fait 40/60 ça te va ? Après tout, j'apporte l'affaire et je fais le plus gros.

Il fronce le nez, montre ensuite l'ensemble de la Cour des Miracles locale.

- Hey. Tu m'as vu ? N'importe lequel de ces gens m'étripe facilement. Et puis, ma réputation n'est plus à faire : Jolicœur la fait jamais par derrière aux jolies demoiselles ! *ses yeux pétillent au double sens tout à fait assumé pendant qu'il vole un bécot à la jeune fille, puis la relâche* Je te laisse le temps de te renseigner si tu veux. Mais c'est à faire avant la fin de la semaine, réfléchis donc vite.
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MessageSujet: Re: Les tribulations d'un moineau famellique [Ouvert]   

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