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 La maison du docteur [ Ronce - Gaultier - Gambardin - Marie ]

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Anthem

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MessageSujet: La maison du docteur [ Ronce - Gaultier - Gambardin - Marie ]   Dim 22 Nov - 10:29

A son âge, Anthem ne dormait plus beaucoup. Il se réveillait généralement juste avant l’aube et profitait du petit déjeuner préparé par sa logeuse la veille. Sa vie était composée d’une routine immuable et agréable en dépit de toutes les excentricités dont se composait son œuvre d’alchimiste. Cela le satisfaisait pleinement. Et, pour tout dire, en dehors de son laboratoire, il ne tolérait pas les imprévus qui étaient souvent synonymes d’ennuis.
Aussi quand on vint tambouriner à la devanture de sa boutique encore close, ce ne fut pas une mine très amène qu’il présenta à la fenêtre. De contrariée son expression devint affolée.

« Un blessé ?! Mais c’est impossible, absolument impossible ! En chemin, comment cela il est déjà en chemin ? Le..le chevalier de Gambardin ?! »

L’alchimiste sentit le sol se dérober sous ses pieds, l’air le quitter et toutes les promesses de ce que cette belle journée pouvait avoir s’envoler loin de lui. Voilà qu’on le prenait pour un chirurgien lui qu’une simple coupure au doigt faisait tourner de l’œil. Et, puisque cela n’était pas assez, on lui ramenait ce que Logre comptait de pire en matière d’âme funeste.

« Aaah ! »

Un assassin, un bourreau, un pourvoyeur de mort dont l’existence ne se justifiait que dans la décadence d’une ville en train de pourrir de l’intérieur.

« Aaaaaah !! » gémit-il à nouveau en se sentant défaillir pour de bon. « Blondin ! Blondin ! »

L’apprenti installé sur sa couverture dans le petit cabinet de l’officine au rez-de-chaussée se réveille en sursaut à l’appel de son maître. D’un revers de la manche il s’essuie le filet de bave qui macule sa joue. En toute hâte il va se porter présent pour soutenir le vénérable académicien qui accuse le choc et lui-même pâlit en apprenant la nouvelle.

Mais très vite les ordres fusèrent. Des tissus à préparer ! De l’eau à faire bouillir ! Des herbes à faire brûler !

Lorsque la calèche s’arrêta devant la modeste enseigne dont les panneaux de bois de la devanture n’avaient pas encore été retirés, tout était déjà prêts. Ou, pour être plus précis, les ustensiles l’étaient, les âmes en revanche continuaient de trembler.

« Chevalier de Mélanthios, vraiment, mais qu’est-ce-que vous nous ramenez là ? » se lamenta le pauvre Anthem en découvrant l’état du bretteur. « Et vous, chenapan, par tous les dieux, que faites-vous ici ?! »

Le « chenapan » ne pouvait être un autre que la Ronce qui eut droit à un regard se voulant sévère de la part d’Anthem. Hélas, avec un visage si doux, l’autorité est délicate à exercer. Toujours est-il que le visage tuméfié de Miles de Vorkosigan ne pouvait que le rendre coupable dans l’affaire en cours.
En relevant ses lunettes en demi-lune il aperçut enfin la demoiselle aux yeux vairons sortant de la calèche. Voilà que le scénario se compliquait.

« Mademoiselle. »

Tout en se lamentant une dernière fois, il fit entrer avec l’aide de Blondin tout ce monde dans l’étroit espace d’un commerce déjà fort occupé de présentoirs de toutes sortes. Il indiqua aux deux valeureux porteurs une pièce adjacente où déposer le blessé. Seul Gaultier est autorisé à prêter assistance, les autres sont priés d’attendre dans la boutique.

Blondin, serviable, et encore en pyjama, enfile son tablier et demande : « J’vous apporte un jus d’orange ? »
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Gaultier de Mélanthios

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MessageSujet: Re: La maison du docteur [ Ronce - Gaultier - Gambardin - Marie ]   Dim 22 Nov - 21:25


« Un homme, messire Vermeel. Un homme. »

En toute simplicité. La réponse du chevalier se voulait-elle rassurante et humaniste quant au bien-fondé qu’il y avait à aider ce mourant, fut-il une crapule ? Etait-elle au contraire dramatique, ignorante de la réputation sulfureuse de celui dont il était question et soulignant avec emphase l’importance d’agir urgemment pour sauver une vie ? Son ton restait neutre et franc, plaçant son intention quelque part entre ces deux bornes, sans qu’on puisse savoir de quel côté il penchait. La seule évidence dans son attitude résidait dans le fait qu’il tenait à ce que cette tâche soit accomplie, quand bien même il ne devait y avoir aucun intérêt personnel. Peut-être ce détachement l’aidait-il d’ailleurs à mieux imposer sa griffe, méticuleuse et organisée, d’homme serein au milieu des tensions de la situation, et même rassurant parmi les personnes, laissant transparaître ses talents d’officier militaire d’élite.

Ainsi, s’il n’avait pas manqué l’usage de son nom par la Ronce de Logre, il préféra ne pas relever pour l’instant. Il n’en appréciait pas trop l’apparition spontanée entre les lèvres de la soi-disant bonne société des Loges, avec laquelle ses relations connaissaient quelques hauts, et beaucoup de bas. De façon plus étonnante encore, il n’avait pas non plus réagi lorsque Marie était venue se reposer contre lui, se contentant lui laisser son corps comme ancre et son sourire comme objet de méditation. Il fallut attendre jusqu’à ce que Gambardin soit enfin allongé sur la table de l’arrière boutique de l’alchimiste, prêt à être secouru, pour qu’il se permette d’aller enrouler un bras à la taille de la demoiselle, volontairement un peu trop fort pour être strictement courtois, privilégiant la surprise et l’intensité sur le formalisme.

« Marie, je vais assister messire Vermeel, à présent, nous allons remettre monsieur ton cousin sur pied. » Toujours quelque peu dirigiste mais sans le moindre accent hautain, charmant reliquat du temps de son service, il poursuivit, tout en décrochant la bourse à sa ceinture. « Durant ce temps, je souhaite que tu t’occupes de quelques petites choses pour moi. D’abord, régler la petite note du cocher, je suis certain que tu as toute la diplomatie nécessaire pour ce faire. Ensuite, je voudrais que tu te faufiles jusqu’à ma résidence, qui n’est qu’à quelques rues de là. C’est le petit hôtel de l’avenue Sarvàr, avec un balcon dont les ferronneries dessinent une fleur de lys, que l’on retrouve également sur les ferrures de la porte. Je voudrais que tu y préviennes mon jeune écuyer, Yam, que nous n’irons finalement pas dans les taudis aujourd’hui et que je suis retenu ici. Je lui confie le soin de gérer mes affaires courantes, il saura quoi faire. Oh, mais j’y songe, tu l’as déjà croisé, il me semble… Tant mieux, ce n’en sera que plus simple. »

Il laissa la bourse couler avec fluidité dans la main de la jeune femme, l a délicatesse du geste et le poids de l’objet bien rempli primant sur son aspect visuel ; c’est qu’il s’efforçait de retenir le regard de son interlocutrice dans le sien au moins aussi fort que son bras la maintenait contre lui, avec cette fermeté chaleureuse qui était sa marque.

« Tu pourras te laver plus tranquillement qu’ici, te reposer à loisir et enfiler quelque chose de propre. Tu risques de devoir te contenter d’une de mes chemises, par contre », ajouta-t-il tout en laissant son sourire s’élargir à cette idée, « mais ce ne sera que très temporaire, puisque je t’invite à user ensuite du reste de l’argent pour aller t’acheter une robe à ton goût, afin de remplacer celle-ci, qui risque d’être dure à sauver. Ce n’est bien entendu aucunement de la charité, ni l’idée que tu ne saurais pas te débrouiller sans cela ; J’aurais simplement du intervenir plus tôt pour t’éviter de gâcher ta tenue, et souhaite ainsi réparer le fruit de ma négligence. Et puisqu’en outre je te demande un service, c’est bien le moins. Je te prie donc humblement de bien vouloir accepter ce modeste dédommagement. »

Il relâcha son étreinte pour porter ses mains à sa chevelure, commençant à la rassembler en queue de cheval, probablement pour ne pas être gêné dans les gestes à venir. Il laissa brièvement son regard dériver dans le vague ce faisant, au dessus de la tête de Marie, mais les petites variations de son sourire ponctuant ses propos indiquaient immanquablement qu’il ne se laissait aucunement distraire, mais qu’il gardait bien ses pensées tournées vers elle.

« Si je puis me permettre un conseil… Quelque chose de simple, tu n’as absolument besoin de rien pour te mettre en valeur, et rien à cacher. Celle que tu portes est plaisante, mais je trouve la coupe trop empruntée, peu adaptée à un usage quotidien… Non et puis surtout… Les couleurs ! Il te faut du vivant, du blanc, de l’ocre, du parme, peut-être même un peu de vert qui irait avec ta chevelure. Mais pitié, pas les teintes des sorcières des Loges... Tu n’as rien à leur envier. Enfin, sans offense aucune à monsieur de Vorkosigan – c’est bien cela ? – qui semble également faire partie des gens du monde. »

Achevant d’attacher ses cheveux avec un fin ruban noir qu’il gardait au poignet, il adressa au monsieur sus-nommé un regard – et bien sûr un sourire – assortis à sa politesse, avant de ramener tous deux vers la jeune femme, y ajoutant encore ses mains, contre sa taille gracile. Il se pencha à son oreille pour n’être entendu que d’elle, lui glissant sur un ton à rendre les plus subtils mensonges délicieux de sous-entendus :

« Je suis bien ignorant des dangers que je puis représenter pour toi. Tout ce que je puis dire, c’est que je suis homme, et que celui qui entend porter ce nom et met en danger une dame se doit, en conséquence, de la laisser jouir de sa protection la plus attentive et rapprochée, afin qu’elle n’ait jamais à subir d’ennui par le fait de sa proximité. Tu peux toujours compter sur moi, Mariana. »

Fit-il exprès d’abandonner un silencieux soupir, tiède et langoureux, sur sa gorge, avant de se redresser ? Il la laisserait manifestement statuer seule sur la question, ou peut être en compagnie de la Ronce, puisqu’il se dirigeait déjà vers celui-ci pour lui serrer la main, ambitionnant sans doute de les laisser ensuite tous deux à leur jus d'orange pour retourner vers l’arrière boutique et apporter la meilleure aide qu’il pourrait à Anthem.
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Marie Canteloup

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MessageSujet: Re: La maison du docteur [ Ronce - Gaultier - Gambardin - Marie ]   Mar 24 Nov - 0:37

Alors qu'il la serre contre lui, se saisissant si facilement de ses hanches, la demoiselle rougit, malgré elle, de toute évidence, puisqu'elle plisse les yeux d'un air faussement courroucé en réponse.
Profitant de ce contact inopiné malgré l'inconfortable surface de l'armure, la jeune femme goute au contraste qui lui est offert. La fermeté virile des doigts nichés au creux de ses reins et la dureté du métal. Le froid de l'acier et la paume brûlante.
Si seulement il n'avait pas ce plastron, par tous les dieux, ce serait tout de même plus agréable. Et ce sourire, éternellement troublant, aussi terrible que dans ses souvenirs, sur lequel elle n'ose poser trop longtemps ses iris dépareillés.

Ah, l'homme de poigne fait à présent glisser vers sa main une bourse bien pleine qui disparait bientôt dans un repli d'étoffe soigneusement dissimulé. Bon, elle lui pardonne son attitude trop familière en ce cas, mais c'est bien en l'honneur de leur rencontre de longue date, sans quoi... sans quoi rien ne dit que le geste lui eut déplut, quoi qu'il en soit: il faut bien l'admettre.
Forte de son butin, la belle enfant grave dans sa mémoire les différentes taches dont elle devra s'acquitter en échange, souriant brièvement à un moment ou un autre, sans que l'on puisse véritablement deviner ce qui peut bien lui arracher cette joie éphémère.

Mais le tentateur parangon ne s'en tient pas là, lui murmurant des mots doux à l'oreille d'une voix suave que l'on pourrait presque qualifier d'insidieuse tant elle est forte de sous entendus, de promesses et de soupirs.
Quand à sa respiration... ah, le souffle chaud et caressant sur son épiderme, celui là même qui en l'espace d'une maigre poignée de secondes fait courir le long de son dos une délicieuse onde électrique... il n'y a pas à hésiter: l'ami Gaultier est bel et bien un homme dangereux.
Plus encore que le fieffé Gambardin peut être, si tant est que les deux puissent être comparés.
Saluant d'un bref signe de la main -tout sauf conventionnel- la Ronce affalé avec son verre de jus d'orange, la saltimbanque se hâte (ou plutôt fuis) afin de cacher les rougeurs coupables de ses pommettes.

S'acquittant rapidement des différentes besognes qu'on lui a confiées, laissant sa robe à un teinturier après s'être lavée en vitesse, Marie est bientôt de retour.
Enfin bientôt, tout est relatif, puisqu'elle dut également se choisir une nouvelle tenue qui ne soit pas souillée de fluide vital ou exagérément masculine, et que c'est sans doute ce qui lui aura prit le plus de temps. Tout de même et malgré ses emplettes, la brune damoiselle franchit le seuil de l'échoppe en tenue d'homme, son étuis à violon et le sac du tailleur en main, n'ayant pas daigné se changer dans le magasin.
Fort heureusement, le sieur de Mélanthios jouit d'une large carrure, aussi ses frusques à la coupe pratique et militaire ne sont pas trop ajustées aux courbes féminines, préservant ainsi les dernières onces de décences dont elle est pourvue et dont elle se fiche visiblement comme d'une guigne.

Allons bon, la voilà qui pose ses paquets quelques pas après l'entrée, avec pantalon de toile et bottines, une ceinture tenant à peine à son dernier cran et une chemise dans laquelle elle baigne allègrement. Eh bien, presque de partout, puisqu'elle compense partiellement en capacité pulmonaire ce que son bienfaiteur a de pectoraux.
L'hérétique diablesse a même osé ne pas fermer jusqu'au dernier bouton, décidant visiblement de ne s'embarrasser d'aucune considération pour la libido de ceux qui l'entourent. Après tout, elle est revenue en fiacre et, à présent à bon port, ne risque pas de se faire agresser par qui que ce soit.
Tout de même... son expression sauvage et insolente encadrée de boucles épaisses ainsi que ses cheveux détachés courant librement dans son dos en une épaisse crinière indisciplinée en font une personne encore différente de la précédente, un peu perdue dans ces étoffes bien trop amples pour elle qui soulignent d'autant plus crument ce qu'elles devraient cacher.

L'adorable et espiègle créature mal déguisée en homme d'arme au repos contourne ce pauvre blondin pétrifié par l'effet de surprise et prêt à gober les mouches, tentant de se glisser dans l'arrière boutique avec une discrétion toute féminine, afin de voir où en est l'opération.
Est elle terminée? Le patient est il sauvé ou décédé? Son parangon préféré est il toujours sur les lieux? L'étrange monsieur aux yeux rouges est il aussi compétent que son compère semble le penser?
Qu'adviendra il, à présent...?
Autant de questions qui n'attendent plus que l'ouverture d'une porte pour trouver une réponse, satisfaisant une inquiétude malhabilement camouflée en curiosité.
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La Ronce de Logre

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MessageSujet: Re: La maison du docteur [ Ronce - Gaultier - Gambardin - Marie ]   Mer 25 Nov - 12:53

« ... un instant. » plaça la Ronce en se glissant entre la porte et la bougresse. « Mais il semblerait que Monsieur Vermeel ait quelques manières lorsqu’il opère les viscères d’un homme… » poursuivit-il d’un ton professoral en fermant cette fois-ci totalement le passage.

« ... à savoir, un jus d’orange en préambule et du calme pendant l’action. Par ailleurs, il m’a aussi spécifié de bien prendre garde à ne pas laisser l’un des expédients suivants entrer sur les lieux : chats, usuriers et femme. Mais le divan est réellement confortable. » dit-il avant que la Cousine Gambardin ne se froisse.

« ... Tenez… Installez-vous… voilà… Vous prendrez bien un jus d’orange, vous êtes si pâle. » poursuivit-il en installant Marie sur le canapé. Dans le mouvement, il prit place à ses côtés et en profita pour recommander.

« Blondin ! Jus d’oranges ! » tança-t-il d’une voix ferme qui aussitôt provoqua l’activation de l’assistant du médecin.

« Un stimulus particulièrement pratique… Observez… observez… » compléta-t-il en en affichant un air concentré, similaire à l’enfant observant une colonie de processionnaires cheminer sans façon. Sérieux le temps de l’expérience, il afficha une mine réjouie lorsque l’assistant du chirurgien leur apporta deux jus d’orange, fit le service et se replia sur le pas de la porte. Monsieur de Vorkosigan leva son verre à son attention et le porta à sa bouche pour en boire le contenu.

« Mon huitième depuis le début de l’opération et toujours le même rituel, aussi, ne prenez pas trop mal les consignes de Monsieur Vermeel. Il règne ici une étrange atmosphère domptée par de forts tenaces règles. Mais… J’ai connu pire… » dit-il en reposant son verre sur une table basse.

« Tenez… Par exemple, il est notoire pour le monde marin que le bon or, le vrai, le lourd, attire la bonne fortune. Sur nombre de navires, on plante des doublons à grand renfort de clou dans le mât et l'on se passe des boucles d'or aux oreilles pour attirer la richesse. Ce qui à défaut de faire celle des marins, fait au moins toujours celle des bijoutiers. Dans le grand orient, les gens de la mer ne partent jamais en voyage sans avoir gravé des imprécations aux dieux dans le bois de la coque, même si cela peut mettre en danger l'imperméabilité du bateau. J’ai aussi entendu dire que certains équipages suspendent des peaux de bouc dans les cordages pour s'attirer les bonnes grâces du ciel, ce qui, à défaut d'idéalement orienter les intempéries, empuantit assez l'atmosphère pour faire migrer les mouettes avant l'heure, garantissant un pont immaculé. Ailleurs, on embarque des chats pour chasser les rats, mais point trop lorsque l'on croit dans la capacité de la vermine à prédire l'imminence d'un naufrage. Certains capitaines jusque boutistes auraient dès lors embarqués des chiens pour garantir quelques zones de sécurité aux rats mais la plupart auraient renoncé devant l'aspect rapidement dégradé de la propreté du navire… »

Il modifia la position du verre sur la table.

« … même si quelques peaux de boucs auraient permis d'améliorer le tout, bien entendu. »

Il toussa dans sa main.

« Si tout se passe bien pour Monsieur de Gambardin, il vous faudra certainement le raccompagner chez lui… Puisque vous êtes sa … Cousine, vous devez savoir où elle se trouve, mais à tout hasard vous pouvez essayer le Rue des Sabandins, dans les Loges. Vous la reconnaitrez aisément. Bien qu’en elle-même elle n’affiche rien de caractéristique, vous noterez que les volets des maisons qui la jouxtent sont tous fermés sur le façade donnant sur cette demeure. Les parents ont peur que d’un coup d’œil malheureux, leurs enfants ne vexent leur aimable voisin. Par conséquent, cherchez une demeure ne donnant que sur des murs aveugles me parait être un bon moyen de la trouver… Par ailleurs, je doute que la porte soit nécessairement fermée. »

Il se redressa en entendant du bruit en provenance de l’autre pièce. Quelqu’un allait arriver.
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Anthem

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MessageSujet: Re: La maison du docteur [ Ronce - Gaultier - Gambardin - Marie ]   Dim 6 Déc - 22:57

De longues heures passent. Que ce soit en ajustant la balance de la vie et de la mort comme s’y emploient Anthem et son nouvel assistant, ou bien en échangeant des histoires dans un décor suranné, le temps se suspend, s’étire, les minutes se font heures, et les heures des jours entiers.
Lorsque le vénérable académicien au visage de poupon sort du cabinet c’est au soulagement de tous.

« Blondin ! Mon petit, va me préparer une bonne tisane ! »

L’assistant préposé aux orangeades qui était jusque là installé dans son coin à ne pas perdre une miette des histoires fabuleuses de la Ronce se lève d’un coup.

« Oui, maître ! Tout de suite, maître !! »

Il fonce sous le regard paternaliste d’Anthem. S’il est fatigué, il présente aussi quelques signes de satisfaction propres à rassurer les étranges bienfaiteurs de l’assassin. Ne connaissant pas assez la jeune fille, c’est à Miles qu’il s’adresse avant tout.

« Il a perdu beaucoup de sang et je ne peux faire plus que conseiller beaucoup de repos et une hydratation régulière. Son état est cependant stable et si aucune infection n’apparait dans les prochains jours, votre ami pourra bientôt retourner faire des siennes. Peut-être que cette mise à pied lui permettra de faire une nouvelle estimation du prix de la vie… c’est bien tout ce que je souhaite. »

Anthem a un froncement de sourcils qu’il n’arrive pas à rendre sévère malgré l’effort qu’il y met. Le chevalier de Mélanthios en fut le premier témoin, à aucun moment il n’a ménagé sa peine pour aider à hauteur de ses compétences l’homme dont la survie se trouvait entre ses mains, pour autant, ce que son devoir l’obligeait à faire, sa morale y trouvait à redire.
Il allait devoir assumer d’avoir sauver la vie d’un tueur, et par la même occasion, Miles aussi puisqu’il partageait la responsabilité de l’avoir amené ici.

D’une certaine façon, l’académicien caressait l’espoir un peu naïf que l’inimitable enquêteur serait capable à force d’efforts et de bonne volonté de remettre Gambardin fils dans les rails d’une existence digne, ou du moins qui ne représente pas un danger si vif pour son prochain. Mais à bien y réfléchir, autant l’homme était capable de prouesse pâtissière, autant il était incertain quant à la poigne dont il pouvait être capable. La seule personne sur laquelle il avait un tant soit peu d’ascendance était cet adolescent au nom curieux. Puceron. Et encore, l’enfant n’était pas nigaud et il ne pouvait pas jurer qu’il ne fut pas des deux celui ayant vraiment la tête sur les épaules.

Il soupira et pris des mains de Blondin sa tasse.
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Gaultier de Mélanthios

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MessageSujet: Re: La maison du docteur [ Ronce - Gaultier - Gambardin - Marie ]   Mer 9 Déc - 7:31


« En parlant du prix de la vie… », intervint alors Gaultier, qui sortait à son tour de la salle d’opération, en se frottant les mains à même un linge. « Je gage que vous ne sauriez, comme aucun d’entre nous, évaluer le montant qui vous est dû pour le service que vous venez de rendre à cet homme. Toutefois, comme je suis la cause de votre dérangement, vous l’ayant emmené, n’hésitez pas à faire appel à moi au besoin. Je vous ai déjà proposé mes services dernièrement, mais je me considère cette fois comme votre obligé. Ce serait en outre un honneur. »

Il se tut quelques secondes, durant lesquelles il repensa avec un brin de curiosité aux anciennes cicatrices qu’il avait remarquées sur le corps de Laurence, en épongeant le sang séché sur sa peau afin que les plaies restent propres. Blessé et athlétique comme un homme d’arme, mais néanmoins d’une carrure trop fine pour qu’il ne soit un véritable soldat. Bien sûr un bretteur, cela c’était acquis, mais une clef de compréhension de son être s’obstinait à rester cachée, provoquant une certaine insatisfaction du consciencieux Parangon, qui, depuis l’école militaire, aimait savoir où il mettait les pieds. Il s’affairait à formuler une question à l’aimable façon des loges lorsque soudain, la voix légère de Blondin interrompit ses méditations.

« Eh, monsieur, il reste du jus d’orange. Vous en voulez un ? »

Orange… Un sourire vint à ses lèvres.

« Bien volontiers. Blondin. » Gaultier sembla mettre un point d’honneur à rajouter le prénom du petit serviteur, mais c’était bien plutôt une sorte de trait d’humour abscons, uniquement destiné à se faire sourire intérieurement. C’est qu’à force d’entendre les « Blondin ! fais ceci ! » et « Blondin ! Fais cela ! » retentir dans cette maison, l’apostrophe relevait du comique de répétition.

« Tout de suite ! », acheva le docile garçon en se précipitant vers les cuisines.

L’orange fut son inspiration.

« Cependant, messire Vermeel, je ne voudrais pas que mon offre ne devienne un prétexte pour abuser de votre temps ni de votre hospitalité, en vous chargeant de ce blessé. D’autant que, si j’ai bien suivi vos propos, il ne vous est pas inconnu… Sans pour autant être de vos amis. Je voudrais faire prévenir ses proches ou ses serviteurs afin qu’ils viennent le chercher, mais à l’exception de son témoin ici présent… »

Un petit coup de menton vers la Ronce.

« … il ne semblait avoir personne à ses côtés au… hum… duel qu’il vient de livrer. Qui est-il donc au juste ? Lui connaît-on de la famille ? Ce doit être un personnage, si j’en juge à la quantité d’avis et de rumeurs que j’ai surpris à son sujet depuis hier. J’ai le sentiment que tout le monde dans cette ville le connaît sauf moi… L’un de vous saura peut-être m’en dire davantage ? »

C’est à ce moment qu’il laissa son regard dériver sur les personnes présentes, manquant de laisser échapper une interjection stupéfaite en remarquant enfin la nouvelle mise de Marie.

Au risque de passer pour un avide, il plongea aussitôt ses lèvres dans le jus d’orange que lui tendait justement Blondin, fort opportunément, pour mieux les empêcher de produire un sifflement, ou de s’associer à sa langue, voire à ses dents pour d’autres jeux du genre. On aurait même pu croire que ses joues s’empourpraient, fort légèrement. Voir une jeune femme se blottir dans ses vêtements a toujours de quoi faire réagir un homme aimablement, mais c’est qu’en outre elle s’était débrouillée pour les porter plutôt bien. Sans doute Yam s’était-il fait complice de cet habillage là, en allant trouver dans la garde-robe du parangon ce qui était le plus susceptible de lui convenir.

Gaultier resta silencieux, à la regarder et à siroter son jus, associant mentalement à la saveur hespéridée celle qu’il prêtait à la peau de sa basse gorge, pour un mélange qui semblait le réjouir. Il admirait en esthète averti, cela dit, avec l’intérêt discret qui sied au beau monde. Mais aucune convention sociale ne put jamais empêcher un homme de penser. En homme.
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La Ronce de Logre

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MessageSujet: Re: La maison du docteur [ Ronce - Gaultier - Gambardin - Marie ]   Lun 28 Déc - 22:07

Tel l'amuseur bondissant hors de sa boite, Miles se redressa d'un bond unique et ne trouva son équilibre final qu'au bout de quelques longues secondes, dodelinant d'avant en arrière quelques instants avant de trouver son équilibre final à proximité d'Anthem. A grands renforts de hochements de tête, il acquiesça benoitement aux dires du Maître, ce dernier ayant en toutes occasions un ton professoral lui rappelant ses jeunes années. A la demande de Gaultier de Mélianthos, il reprit rapidement, levant les mains devant lui en signe d'apaisement ou pour clairement signifier à son interlocuteur qu'il ne représentait nul danger.

« Et bien ! Et bien ! » entama la Ronce en prenant son menton entre son pouce et son index, le temps de réunir ses pensées en fuite. Il avait par ailleurs déjà noté en de multiples expériences que cette pose jetait bien souvent le trouble dans l'esprit de ses interlocuteurs. « Ce sinistre, cet infâme personnage n'est autre que le fort redouté, et redoutable, Laurence de Gambardin. » ferma-t-il temporairement, laissant à ses interlocuteurs le temps d'être saisi par l'effroi. Anthem grimaça en prenant en ses mains une tasse trop chaude, Gaultier semblait figé par un pragmatisme courtois et Marie baillait autant aux corneilles que le chemise qu'elle portait sur sa poitrine.

Un brin déçu, il reprit lentement d'un air affecté.

« Monsieur de Gambardin pratique la noble profession de l'escrime, étant un duelliste patenté et par conséquent, l'un de mes confrères. De réputation publique, il apparait comme étant l'un des pires flagorneurs de la cité, disant bien souvent tout haut ce que d'autres n'osent même pas penser tout bas. Étrangement, les oreilles de ses interlocuteurs semblent siffler assez fort pour qu'ils ne relèvent jamais ses dires comme étant autre chose que des plaisanteries, bien que ses traits spirituels aient tendance à plonger ses cibles dans l'abus de spiritueux. » expliqua-t-il aimablement aux deux hommes.

« A ma connaissance ... dit-il observant Marie de Gambardin, on ne lui connait nulle famille en Logre... du moins, jusqu'à ce soir. » ajouta-t-il en affichant un sourire un brin surfait à l'attention de la cousine du bretteur.

« Ceci n'explique pas votre association, jeune homme. » nota Anthem d'un ton péremptoire.

« Voilà qui est fort bien raisonné… » complimenta la Ronce. « Connaissez-vous maître le poisson nommé Naucrates ductor que parfois l'on nomme « poisson-pilote. » et qui bien souvent, accompagne le non moins fameux ... »

« Carcharodon carcharias ou Grand requin blanc... Oui... J'ai pu voir des planches anatomiques de ces deux êtres. » confirma Anthem.

« Et bien, la nature de notre association est du même ordre : parfois l'endroit le plus sûr est celui situé au centre du danger, ou tout bien raisonné, à ses côtés. » précisa la Ronce, en se plaçant dans encadrement de la porte, vérifiant si le fougueux Laurence était bien encore dans les pommes.

« J'imagine que le jeune homme, qui souhaitait m'embaucher pour résoudre ce problème de duel, a préféré mésestimer mes conseils et s'adjoindre les services d'une bande de malfrats afin d'éliminer ou d'abîmer ce cher Laurence. Hm. » grogna-t-il en se retournant vers ses interlocuteurs.« Si vous souhaitez faire reconduire Monsieur de Gambardin chez lui, il faudra vous diriger vers les Loges, bien entendu et indiquer la demeure ne donnant que sur des murs aveugles. »

« Aveugles ? » glissa Marie.

« C'est ainsi que l'on nomme les murs sans fenêtres, jeune fille… » rendit-il en s'essayant au ton professoral d'Anthem, avant de poursuivre d'un ton à peine plus concerné. « Il s'avère que ses voisins, vivant dans la crainte que l'un de leurs enfants ne dérangent la quiétude de ce cher Laurence, ont préféré circoncire tout danger en faisant murer les fenêtres de leurs propres maisons ayant pour vis à vis celle du Gambardin et que tous les cochers connaissent, refusant d'aller y chercher un passager sans avoir convenu d'une prime de risque. » compléta-t-il en passant son mantel autour de ses épaules.

« Mais l'heure tourne et me voilà détourné d'une enquête particulièrement importante à mes yeux. » dit-il en se portant vers la porte de sortie avant qu'on ne lui colle d'autres responsabilités sur le dos.

« Une de ces conspirations dont vous avez le secret ? » questionna Anthem, d'un ton intéressé.

« Mon sabre, que l'on m'a volé et que j'aimerai bien retrouver rapidement. » compléta-t-il en jetant un œil dehors, observant le soleil déjà bien réveillé.

« Ma Dame de Gambardin... Messires ! Bonne nuitée ! Si vous souhaitez en savoir plus, mon bureau ne sera ouvert ... que tard dans la soirée. » conclut-il en émergeant dans la rue et en refermant la porte derrière lui, à la volée.
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La maison du docteur [ Ronce - Gaultier - Gambardin - Marie ]
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